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Le Bhoutan sur le point de dépénaliser l’homosexualité après un vote à une très large majorité

Le Bhoutan s'apprête à dépénaliser l'homosexualité. Voté à une large majorité par les parlementaires, la modification du Code pénal doit encore être approuvée par le roi. Mais les militants LGBT+ se félicitent déjà.

Le roi doit encore donner son accord, mais le petit pays de l'Himalaya est sur le point de dépénaliser l'homosexualité. Les parlementaires ont voté une modification du Code pénal qui décriminalise l'homosexualité. Et à une très large majorité : 63 voix sur 69 (six absentions, zéro voix contre). Cette réforme pénale revient sur la définition issue des lois coloniale des "pratiques sexuelles contre nature".

Jusqu'alors, l'homosexualité est passible d'une peine de prison d'un mois et jusqu'à un an. Malgré tout, cette loi est peu appliquée, aucun cas de poursuites n'a été rapporté dans ce pays bouddhiste de quelque 800.000 habitants. "Malgré tout, il reste des inquiétudes sérieuses concernant le manque de données et d'informations sur la communauté LGBTI et les discriminations qu'elles peuvent subir", regrettait l'Ilga-world (Association internationale des LGBTI) en 2019. Cependant, "nous avons remarqué que le gouvernement du Bhoutan a apporté son soutien aux personnes LGBTI qui sont porteuses du VIH/sida. La communauté LGBTO est représentée librement grâce à Rainbow Bhutan et des organisations de la société civile".

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Le processus de dépénalisation a commencé le 7 juin 2019. La chambre basse avait voté pour la suppression des articles 213 et 214 du Code pénal. Le ministre des Finances déclarait ces articles de loi de "tâches" pour la réputation du pays. Le Bhoutan est mondialement connu pour avoir mis en place un index du bonheur, par comparaison aux indicateurs économiques.

Une société patriarcale

"Notre société est très patriarcale, ce qui veut dire que les genres sont très normés : petite amie, copain, mari, femme. Cela m’a même fait douter de mon identité, et c’était difficile de voir que je ne pouvais rien changer à ma façon d’être", décrivait Tashi Tsheten, un jeune homo de 26 ans dans Vice. "Le Bhoutan a beaucoup progressé, car il est l’un des pays qui connaît le développement le plus rapide au monde. Et même si maintenant, la plupart des habitants ont accès à différentes plateformes sociales, les réseaux comme Grindr n’y ont jamais été très populaires (...) Avoir des applications de dating queer sur nos téléphones portables représente un risque sécuritaire", poursuit-il.

Cette semaine, les militants LGBT+ n'ont pas ménagé leur enthousiasme. "2020 n’a été une super année pour personne. Cependant, en pleine pandémie, il y a quelques lueurs d’espoir. Ces derniers mois, nous étions inquiets que cette loi soit rejetée en raison du désaccord entre les deux chambres [du Parlement]. Mais nous avons toujours eu confiance en la sagesse de nos représentants. C’est un jour historique", s'est félicité l’association Rainbow Bhoutan, citée par Pinknews. "Cela fait du Bhoutan une nouvelle nation asiatique à prendre des mesures qui font progresser les droits LGBTI", a déclaré l'Ilga.

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Selon l'association, l'homosexualité est toujours passible d'emprisonnement dans 59 pays du monde (dont le Bhoutan) et dans 12 pays, elle est même passible de peine de mort. L'Inde da dépénaliser l'homosexualité, également "importée" par le système colonial britannique, en 2018. Au Népal, les autorités vont recenser pour la première fois les personnes LGBT+ afin de mettre en évidence les discriminations, note le Hindustan Times.

 

Crédit photo : Pixy.org


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