La France remonte à la 4e place du classement de l’Ilga des pays européens les plus LGBTfriendly

L'Ilga-Europe a mis à jour son classement des 49 pays européens. Jusqu'alors en 13ème position, la France grimpe dans le top 5 grâce à la publication d'un plan sur trois ans pour lutter contre les discriminations. Mais il reste encore beaucoup de chemin...

Au ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes, on a sabré le champagne. La France a grimpé de la 13ème à la 4ème place dans le classement Rainbow Index de l'Ilga-Europe. Ce classement compare 49 pays européens dans leur politique concernant la lutte contre les discriminations des personnes LGBT+. La France obtient un score global de 69% de réformes en cours.

En mai, l'hexagone remplissait les critères à 56% contre 63% en 2019 et 73% en 2018. Lors de la précédente vague, France avait dégringolé à cause de "l'expiration du plan d'action du gouvernement", selon l'Ilga. "La France est remonté à la quatrième place notamment parce qu'elle a mis en place un plan national pour l'égalité des personnes LGBT+ pour les trois prochaines années. Alors que plusieurs pays européens reculent rapidement dans notre index, la publication de ce plan global est particulièrement encourageant", indique à TÊTU Evelyne Paradis, la directrice exécutive de l'association.

"Nous invitons le gouvernement à être encore plus proactif à échelle européenne"

"De plus en plus de gouvernements ciblent activement les personnes LGBTI dans un contexte de pandémie. C'est pourquoi nous félicitons les efforts de la France pour mettre en place des mesures pour l'égalité. Nous invitons le gouvernement à être encore plus proactif à échelle européenne", poursuit la directrice. "L'Ilga encourage les associations à s'assurer que ce plan d'action se transforme en changements concrets et efficaces pour les personnes LGBTI. Nous espérons que le gouvernement allouera les ressources nécessaires pour mettre en œuvre ce plan rapidement. Pour l'heure, nous remarquons qu'aucun budget spécifique n'a été approuvé", assure la directrice. La Dilcrah assure à TÊTU que son budget est malgré tout sanctuarisé, mais les associations réclament plus d'aides financières.

À LIRE AUSSI - Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, parle de son homosexualité dans le nouveau numéro de TÊTU

"Je me réjouis de la progression de la France dans le nouveau classement établi par l’ILGA Europe, a déclaré Élisabeth Moreno, la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous devons néanmoins rester résolument déterminés et redoubler d’efforts et de vigilance pour favoriser toujours plus l’égalité des droits des personnes lesbiennes, gays, bi ou trans ainsi que la lutte contre toutes les formes de LGBTphobies".

Des limites au classement

Ce classement est un encouragement, mais mesures engagées par le gouvernement sont encore loin d'être mises en œuvre sur le terrain. Par exemple, le texte sur la PMA pour toutes est encore en discussion au Sénat. Le texte (qui ne comporte pas certaines avancées pourtant capitales) devait être voté définitivement en avril 2020, ce ne sera vraisemblablement pas avant avril de l'année suivante.

Dans le dernier rapport annuel, l'Ilga remarque que le Parlement a voté la loi Avia qui oblige les réseaux sociaux à modérer les contenus en 24 heures. Depuis, Cette loi a été en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel. L'association note également la proposition de loi sur l'interdiction des "thérapies" de conversion, même si Marlène Schiappa a récemment réduit la porté du texte.

À LIRE AUSSI - Qui est Rémy Bonny, le militant qui fait avancer les droits des personnes LGBT+ en Europe

"Ministres ouvertement homophobes nommés, subitement affichés comme 'progressistes', complainte sur les 'manif pour tous (LMPT)' soi-disant maltraités et humiliés sous la gauche, discours énamourés à l’épiscopat français, amitiés bien médiatisées entre le président et des soutiens clairs de LMPT, tragiques épisodes autour d’Agnès Thill, alliances fréquentes avec la droite anti-LGBT+ aux élections locales en 2020, discours injurieux venant des membres de la majorité LREM lors de débats parlementaires… Rien n’est oublié et rien ne saurait faire croire à la sincérité réelle de LREM sur les droits LGBTI+", a réagi l'association HES (Homosexualités et socialismes).

 

Crédit photo : Unsplash / Delia Giandeini


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail