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Pourquoi Annie Proulx voudrait n’avoir jamais écrit « Brokeback Mountain »

L'autrice de la nouvelle "Brokeback Mountain" est en colère contre les fans. Pour elle, ils ne "comprennent pas" le propos de l'histoire devenue culte.

Avant d'être le film d'Ang Lee, acclamé par la critique et culte pour la communauté gay, Brokeback Mountain était une nouvelle d'Annie Proulx. Et pour cette dernière, l'adaptation aux plusieurs Oscars a été "la cause de nombreux problèmes et d'irritations". Dans une interview accordée à la revue littéraire The Paris Review, l'autrice dit qu'elle aurait aimé "ne jamais avoir écrit cette histoire".

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Elle raconte qu'elle reçoit régulièrement des versions réécrites de son histoire, avec "toutes sortes de petits amis, de nouveaux amants après la mort de Jack" (le personnage de Jake Gyllenhaal). "Ça me rend folle". Pour elle, les auteurs de ces fans fictions "ne comprennent pas que ce n'est pas à propos de Jack et Ennis". "C'est à propos de l'homophobie, d'une situation sociale. C'est à propos d'un lieu, d'un état d'esprit particulier et d'une certaine idée de la morale." "L'histoire que vous racontez, ce n'est pas celle que j'ai écrite. Ce ne sont pas vos personnages. Ils m'appartiennent, légalement" s'est-elle agacée.

Pas de happy end

Ce qui semble la faire tiquer, c'est la volonté systématique de transformer la fin de son histoire en happy end. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle s'est chargée de l'écriture du livret de l'adaptation de "Brokeback Mountain" pour l'opéra. "Je me suis dit qu'un de ces idiots qui aiment les fin heureuses allait venir faire n'importe quoi avec mon histoire. Je voulais la garder telle qu'elle est. C'est une histoire forte, et elle ne devrait pas être mutilée pour que tout le monde soit heureux pour toujours." 

Si Annie Proulx est un peu amère, le succès du film d'Ang Lee a permis aux producteurs hollywoodiens de miser sur des films queers à destination du grand public. Depuis, "Moonlight", a obtenu l'oscar du meilleur film. Et des oeuvres originales comme "Love, Simon", ont permis aux personnes queers d'avoir, enfin, leur happy end. Finalement, tout est bien qui finit bien.

Crédit photo : Focus Features


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