La journaliste Audrey Crespo-Mara persiste avec son traitement problématique de la transidentité

Après avoir mégenré une petite fille transgenre et utilisé son deadname, Audrey Crespo-Mara assume. "Je referais pareil", dit-elle sur France Inter.

La journaliste persiste et signe. Interrogée sur France Inter sur le traitement de la transidentité par TF1, Audrey Crespo-Mara assume d'utiliser le deadname de Lilie et de la considérer comme "un petit garçon qui affirme être une petite fille". "Mais oui je referais pareil", dit-elle au micro de Dorothée Barba.

Revenons en arrière. En septembre, l'histoire de Lilie émeut la France. C'est une petite fille trans de huit ans qui raconte de manière particulièrement touchante les difficultés qu'elle rencontre à l'école. Elle explique avoir été comprise par sa famille, mais l'éducation nationale refuse à l'époque de la genrer au féminin et d'utiliser son nom d'usage.

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Les chaînes de télé lui ont largement donné la parole. Notamment TF1 et Audrey Crespo-Mara qui lui ont accordé un portrait. Mais au lieu de considérer Lilie comme une petite fille, la journaliste utilise son deadname (le prénom assigné à la naissance, ndlr) et la genre tantôt au féminin, tantôt au masculin. L'émission parle de "changement d'identité".

"Des critiques de militants transgenres"

Sur France Inter, Audrey Crespo-Mara genre enfin Lilie au féminin. Mais elle considère qu'elle n'a pas toujours été une fille. "Lilie serait née petite fille, il n'y a pas d'histoire à raconter. Il y a huit ans, un enfant né garçon s'appelle (deadname) et au fil des années, cet enfant explique à ses parents qu'il estime être une petite fille enfermée dans un corps de garçon. L'histoire que j'ai à cœur de raconter, c'est celle de ce petit garçon qui affirme être une petite fille. Lilie serait née fille, il n'y avait pas d'histoire"

Rappeler que Lilie a toujours été une fille et que c'est la société et l'école qui lui ont assigné une identité de genre, c'est, selon elle, "des critiques de militants transgenres". Rachel Garrat-Valcarcel, co-présidente de l'association des journalistes LGBT+ (AJL) et journaliste à 20 Minutes, rappelle que genrer correctement une personne trans n'est pas une position militante. Et c'est encore moins sortir de la nécessaire distance journalistique par rapport à son sujet.

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"Insister à tout bout de champ sur le fait que les femmes trans 'sont nées garçons' c’est donner du fuel à la transphobie ambiante. C’est une position politique, militante, et c’est la vôtre", écrit Rachel Garrat-Valcarcel sur Twitter. Ce qui est d'autant plus regrettable que le sujet ambitionne d'intéresser le grand public à la transidentité.

"Curiosité malsaine"

En septembre, Giovanna Rincon, présidente d'Acceptess-T, regrettait auprès de TÊTU qu'"au lieu de porter le sujet de la transidentité, cette émission cherche à créer le buzz en éveillant une curiosité malsaine. Ils portent un sujet vital, mais le réduisent à un drame et finalement, renforcent la transphobie en cristallisant une image de souffrance". Elle prenait notamment exemple sur la musique lugubre utilisée.

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"Les personnes trans n'ont pas besoin qu'on leur rappelle leur prénom de naissance ni qu'on fétichise ce qu'elles ont dans la culotte", insistait-elle. Pour rappel, la transphobie tue : le taux de suicide des personnes trans est sept fois supérieur à celui de la population générale.

 

Crédit photo : Capture d'écran TF1


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