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De « Euphoria » à « It’s a Sin » : les bonnes surprises (et déceptions) séries du mois de janvier

Aux États-Unis comme en Europe, ce début d'année 2021 aura réservé un certain nombre de réjouissances du côté du petit écran. Parce que l'offre est toujours aussi pléthorique en matière de séries, TÊTU fait le tri pour vous aider à y voir plus clair.

Avec un couvre-feu déjà bien contraignant et l'éventualité d'un troisième confinement qui nous pend au nez, les séries s'imposent comme la principale échappatoire à un quotidien plutôt maussade. Et ce mois de janvier aura comblé de nombreux sériephiles avec un épisode one-shot purement stellaire, une fiction britannique bouleversante, ou encore le retour en grande forme d'un teen show français qui fait beaucoup pour la représentation LGBTQ+. Tour d'horizon de ce qu'il fallait voir (ou éviter) en ce début 2021.

Euphoria, le génie qui ne déçoit pas

Crédit photo : HBO

L'inratable de ce mois de janvier, c'était de toute évidence l'épisode spécial de Euphoria. Censé faire le pont entre la première saison et la suivante – dont le tournage est décalé à cause du Covid-19 –, ce chapitre se focalise sur Jules et effeuille le personnage pour nous le faire miroiter dans toute sa complexité. La méfiance que l'on pouvait ressentir envers l'adolescente se mue en totale fascination dès lors que l'on plonge dans ses doutes, ses peurs, ses angoisses. En plus de livrer une performance subtile, Hunter Schafer peut se targuer d'avoir contribué à l'excellence de cet épisode en co-signant son scénario. Rarement la transidentité et le rapport à la féminité auront été traités avec autant de nuance à la télévision.

It's a Sin, la queerness à l'épreuve de l'histoire

Crédit photo : Channel 4

Mais en termes d'écriture fine et remarquable, nos voisins d'outre-Manche n'ont pas été en reste. En effet, la saison intégrale de It's a Sin, dernier bijou de Russell T Davies, est déjà sortie au Royaume-Uni bien qu'elle sera diffusée sur Canal+ dès mars prochain. De longues années après sa fiction iconique, le créateur de Queer as Folk revisite les premières années de l'épidémie du sida dans les années 80. Un récit bref mais efficace, qui ne manquera de vous arracher le cœur à de nombreuses reprises. On précisera également que la série mise sur un casting de comédien·ne·s LGBTQ+ pour des incarner des personnages qui le sont tout autant : un parti pris assumé par son showrunner qui apporte une authenticité rare.

Skam France et Askip, les bonnes élèves françaises

Crédit photo : France.tv Slash

Revenue il y a peu, Skam France continue d'être plus qu'un excellent remake et le prouve avec un début de saison 7 prometteur. D'une part, la série – désormais pilotée par Shirley Monsarrat qui succède à David Hourrègue – s'empare d'une thématique quasiment jamais traitée en France comme à l'international : le déni de grossesse. Mais elle n'en perd pas son ADN résolument queer, avec la présence toujours appréciable du couple Lola/Maya mais aussi davantage de temps à l'écran pour Sohan Pague, le jeune comédien trans qui incarne le personnage de Max. Visant une cible un tantinet plus jeune, la fiction Askip, le collège se la raconte poursuit aussi son inclusivité avec un nouveau venu, Dorian, qui refuse d'être perçu comme gay malgré son attitude jugée efféminée. Un angle intéressant et trop peu traité à la télé.

Bridgerton, la (légère) déception

Crédit photo : Netflix

Oui, la série de costumes de Netflix est sortie le 25 décembre dernier, mais il faut avouer que beaucoup l'ont dévorée en janvier. Et à notre grand dam, Bridgerton ne nous aura pas subjugué·e·s. La première production de Shonda Rhimes pour le géant du streaming s'est adonnée à une certaine forme de queer-baiting. En effet, dans sa bande-annonce, la série laissait croire à un rapprochement significatif et charnel entre deux hommes. Une scène incluse dans la série, pas de doute, mais qui concerne malheureusement un personnage tertiaire, lequel doit apparaître seulement 5 minutes à l'écran au fil de la saison. Pour contrebalancer cette déception, Bridgerton a le mérite d'avoir casté un acteur ouvertement gay (Jonathan Bailey) dans un rôle principal hétéro. Niveau visibilité LGBTQ+, c'est tout de même plutôt admirable.

Fate: The Winx Saga, le queer-baiting dont on ne veut plus

Crédit photo : Netflix

Vendredi dernier, Netflix inaugurait son adaptation live action tant redouté du dessin animé Winx Club. Son lot de différences avec l'œuvre originelle aura déçu de nombreux fans. Mais nous, ce que l'on retient, c'est le fâcheux queer-baiting perpétué par la série. Cette dernière incorpore le personnage inédit de Dane, un jeune élève qui semble avoir le béguin aussi bien pour Riven, le bad boy de l'établissement, que Beatrix, une fée aux intentions nébuleuses. Si l'idée d'un trouple est intéressante (et susceptible d'être développée dans une possible saison 2), Fate: The Winx Saga donne ici des miettes de représentation queer, sans réel développement narratif ou rapprochement physique de personnages. Dommage.

Et puis toutes les autres…

Crédit photo : Apple TV+

D'autres séries plutôt queers ont fait leur come-back en ce début d'année. À l'instar de Riverdale, qui propose une intrigue secondaire pas inintéressante pour son couple lesbien phare Cheryl/Toni. Ou encore Dickinson, qui continue de creuser la psychologie de son héroïne, toujours profondément éprise de sa bien-aimée Sue. On a aussi envie d'encourager WandaVision, la première série Marvel de Disney+. Celle-ci vient d'introduire Wiccan, l'un des rares super-héros gays de l'univers Marvel (et le premier à s'être marié avec un autre super-héros dans les comics). Le hic ? Wiccan n'est encore que William, un nourrisson en couche-culotte. Difficile donc de dire si ça compte vraiment comme de la représentation…

Crédit photos : Channel 4 / HBO / Netflix


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