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Arthur Dreyfus : « Je suis plutôt doué pour l’autodestruction par le sexe »

Arthur Dreyfus

À 34 ans, Arthur Dreyfus signe Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui aux éditions P.O.L, onze ans après son premier roman. Une oeuvre titanesque, ultraréaliste et hyper gay, écrite durant près de huit ans. L’auteur y dépeint, sans retenue, une sexualité obsessionnelle.

On aurait envie de le lire d’une main, mais c’est pas pratique. Mieux vaut ne pas se faire écraser par le pavé. Il y a, à première vue face aux 2304 pages de ce lourd journal — publié en papier bible, plus fin, infaisable autrement —, autant d’attentes que d’irritations. Il en faut, du culot, pour présenter un texte aussi long. De la prétention ? On se rend très vite compte, à sa lecture, que c’est bon. Enchainement des expériences sexuelles, désespoir, dépendance, perte de soi, rire, gouffre, espoir, amour, lumière. Sincérité de la nudité. Un journal qui ne devait être au départ que personnel et qui finalement obséda son auteur, comme si Dreyfus avait créé un monstre plus fort que lui. Impossible, au bout d’un temps, d’écrire autre chose.

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On pense à la radicalité de Guillaume Dustan, à la pornographie de Julien Green dont le journal non caviardé de ses expériences homosexuelles est paru il y a deux ans, un journal d’un siècle ou presque avant Dreyfus. Un livre comme un témoignage de son temps : être gay à Paris dans les années 2010. Un travail littéraire, aussi, méticuleux sur le style — et, c’est suffisamment rare pour le souligner, sur le vocabulaire ; Arthur Dreyfus aime s’adonner à la lecture de dictionnaires médiévaux… L’oeuvre est impressionnante, décourageante parfois. On s’identifie souvent. Voici une interview dense et longue — ça ne vous surprendra pas....


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