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Enquête sur l’homophobie dans le football : les jeunes donnent espoir

Une étude menée par l'association Foot Ensemble annonce que l'homosexualité est jugée "acceptable" par 78% des 12-19 ans engagés dans les centres de formations et de préformation dans le football.

Si à ce jour, peu de joueurs de football sont ouvertement gay, la donne pourrait changer dans les années à venir, laisse espérer une étude. L'association Foot Ensemble s'est penchée sur la perception de l'homosexualité et de l'homophobie chez les jeunes footballeurs. Pour ce faire, elle en a interrogé 1.605, âgés de 12 à 19 ans. Résultat, 78% des répondants estiment qu'un "coéquipier gay serait un sportif comme un autre, quelqu'un de normal". Ouf. Ce chiffre grimpe même à 86% pour les jeunes de moins de 13 ans.

Si l'étude a été majoritairement réalisée auprès de jeunes hommes (seulement 5% de joueuses interrogées), elle révèle sans trop de surprise que l'acceptation est légèrement plus forte pour les lesbiennes (80%) que pour les gays (75%). De fait, les interrogés pensent qu'il y a plus de femmes lesbiennes dans le foot que d'hommes gays.

Si les sondés estiment que faire un coming-out dans une équipe de foot est un acte courageux, difficile et qui peut s'avérer dangereux, une majorité d'entre eux affirme néanmoins que cela ne changerait strictement rien pour eux. Ils seraient même 76% à soutenir et défendre leur coéquipier.e en cas de problème.

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Les insultes homophobes demeurent

Si ces chiffres sont encourageants, ce sondage confirme aussi que 40% des jeunes footballeurs estiment que leur sport reste un milieu homophobe. La moitié d'entre eux estime même avoir des coéquipiers homophobes dans son équipe. Là encore, les clichés du genre restent bien encrés : 43% des interrogés confessent qu'ils ne seraient pas à l'aise à prendre une douche en présence d'un coéquipier homosexuel. Un paradoxe, puisqu'une majorité déclare dans le même temps que cela ne changerait rien d'avoir un coéquipier homo dans son équipe.

Côté insultes, 42% des personnes interrogées admettent avoir déjà tenu des propos homophobes tels que "pédé", "tarlouze", "tapette" au cours d’un match, d’un entrainement ou en tribune. Beaucoup soulignent que ces insultes sont utilisées pour déstabiliser, provoquer, rigoler ou pour s’amuser sans vraiment le penser. Là encore, si une majorité estime que les homos sont plus souvent sujet à discrimination que les hétéros, ils reconnaissent à 44% avoir déjà été insulté par leurs coéquipiers. Sans surprise, 40% des propos insultants sont homophobes, 17% sont racistes.

Pour lutter contre cette homophobie encore bien enracinée dans le milieu du football, une majorité (67%) reconnaît qu'il est urgent de réagir. Stopper des matchs lorsque des propos homophobes sont tenus, sensibiliser les plus jeunes au sein des clubs ou encore, diffuser des messages avant et après match semblent être les mesures privilégiées pour permettre de lutter contre les LGBTphobies. Enfin, 71% des personnes interrogées estiment qu'il faudrait arrêter avec les chants homophobes dans les stades. Et dans les vestiaires, donc ?

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*Cette étude a été menée auprès de 1.605 jeunes âgés de 12 à 19 ans (1.525 jeunes hommes et de 68 jeunes femmes) issus de 32 centres de formation et préformation et de 14 pôles espoirs engagés dans le programme Open Football Club du Fondation du Football, l’association Foot Ensemble. Les personnes interrogées l'ont été en ligne via Google Form entre novembre 2020 et à février 2021.


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