footLa footballeuse Megan Rapinoe remporte le Ballon d'or

Par Timothée de Rauglaudre le 03/12/2019
Megan Rapinoe

Première sportive américaine ouvertement lesbienne, la footballeuse de 34 ans est la deuxième femme de l'histoire à remporter le Ballon d'or

À 34 ans, elle est devenue une icône mondiale des droits LGBT+. La co-capitaine de l'équipe américaine de football, qui a remporté en juillet la Coupe du monde, a gagné lundi 2 décembre le Ballon d'or 2019. Ce prix est attribué par le magazine France Football et la Fédération internationale de football association (FIFA). Elle succède à la Norvégienne Ada Hegerberg, attaquante de l'Olympique lyonnais et toute première tenante du titre. Par le passé, Megan Rapinoe a elle aussi joué, pour deux saisons, à Lyon.

C'est dans une interview pour le magazine Out en juillet 2012, à l'âge de 27 ans, qu'elle fait son coming out médiatique. Elle devient alors la première star du foot ouvertement lesbienne aux États-Unis. Après avoir été en couple avec la footballeuse australienne Sarah Walsh puis la chanteuse Sera Cahoone, elle partage désormais sa vie avec la basketteuse israélo-américaine Sue Bird, quatre fois championne olympique. Au-delà de son orientation sexuelle, la footballeuse n'hésite pas à prendre des positions politiques fortes.

Anti-Trump, défenseuse des minorités

Depuis 2016, elle refuse systématiquement de chanter l'hymne américain avant les matches. Un soutien au joueur de football américain Colin Kaepernick dans son engagement contre les violences policières visant les Noirs américains. Ainsi, elle est devenue la première sportive blanche de l'histoire des États-Unis à poser un genou à terre pendant l'hymne. Durant le Mondial 2019, elle réitère ce boycott, cette fois pour protester plus largement contre la politique du président Donald Trump à l'égard des minorités.

Au mois de juillet, elle a refusé de se rendre à la Maison-Blanche pour célébrer la victoire de son équipe. Ses coéquipières lui ont toutes emboîté le pas. Sur la chaîne CNN, elle lui a adressé un message face caméra : "Votre message exclut des gens. Vous m'excluez. Vous excluez les gens qui me ressemblent. Vous excluez les personnes de couleur. Vous excluez des Américains qui peut-être vous soutiennent."

"Tout le monde attend qu'il ait davantage de coming out"

Megan Rapinoe est ainsi devenue un symbole respecté à la fois dans le monde du football et dans la communauté LGBT+. La marque Nike a réagi très rapidement à sa victoire en créant des crampons en son honneur, du même rose que sa coupe à la garçonne. À l'heure où les coming out dans le football sont encore très rares, son Ballon d'or est un message fort. "J'ai l'impression que le sport en général est toujours homophobe, dans le sens où peu de gens sont out, déclarait-elle dans son interview pour Out en 2012. Je crois que tout le monde attend qu'il ait davantage de coming out. Les gens veulent et ont besoin de voir qu'il y a des gens comme moi qui jouent au football dans les bons vieux États-Unis d'Amérique."

En France, Marinette Pichon, ex-attaquante des Bleues qui détient le record de meilleure buteuse, est à ce jour la seule footballeuse ouvertement lesbienne. En juin, pour TÊTU, elle regrettait une certaine « hypocrisie » dans le milieu du football où « l’homosexualité est bel et bien présente, chez les filles comme chez les garçons ».

 

Crédit photo : Lorie Shaull / Wikimedia Commons