cinémaFestival de Clermont-Ferrand : le prix du Queer métrage au film lesbien "Un corps brûlant"

Par têtu· le 03/02/2022
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Le premier prix du Queer métrage du festival international du court-métrages de Clermont-Ferrand a été décerné à Lauriane Lagarde pour Un corps brûlant. Un film sensible sur un premier émoi lesbien.

Pour donner une idée de l'importance du festival de films courts de Clermont-Ferrand, les professionnels l'appellent le "Cannes du court-métrage". Et cette année, pour la première fois, le festival récompensait un court-métrage queer, à travers le "prix du Queer métrage", initié par l'équipe de la Queer Palm de Cannes, Titrafilm et soutenu par TÊTU.

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Ce jeudi 3 février, les résultats sont tombés : parmi les 14 films sélectionnés, le jury – composé de la réalisatrice Pauline Penichout, du président du festival de cinéma queer Ecrans Mixtes de Lyon, Olivier Leculier, et du comédien Jonas Ben Ahmed – a choisi Un corps brûlant, court-métrage de la Rennaise Lauriane Lagarde, produit par Jabu-Jabu.

Un film "physique"

Un film sensible qui met en scène deux adolescentes, Lina et Inès, amatrices de parkour, cette discipline qui fait des toits, des murets, des marches et autres volumes de l'espace urbain un terrain de jeu à conquérir. Perchées – littéralement – sur les murs de la ville, elles s'observent à distance, se sourient timidement, se jaugent et se plaisent, tentant de se rapprocher. Mais elles ne souhaitent pas être vues ensemble, et sont sans cesse interrompues.

Si Lauriane Lagarde n'en est pas à son premier film, elle a commencé sa carrière du côté du documentaire, avant de réaliser en 2015 son premier court-métrage de fiction, À l’horizon. Pour Un corps brûlant, elle voulait un film "physique" dans lequel "les corps exprimaient ce que ces filles ne pouvaient pas se dire". 

Entre désir lesbien et peur

"Tous les personnages sont dans une période de découverte de leur sexualité, explique la réalisatrice. Leur corps est plein de pulsions, de désirs, qu’ils ont du mal à comprendre et à contrôler. C’est ce que Lina vit d’autant plus violemment que son attirance ne correspond pas aux normes hétérosexuelles. Comme son corps s’exprime naturellement, avec puissance, on a l’impression qu’elle a pleinement conscience de ce qu’il s’y joue. Or, ce n’est pas le cas."

La réalisatrice insiste sur les blocages qui persistent pour les jeunes attiré·es par des personnes du même sexe dans la France de 2022. "Aujourd’hui, affirmer sa sexualité a l’air facile. Mais s’affirmer lesbienne, gay ou bi est loin d’être une simple formalité. Cela demande une connaissance de soi et un courage de dingue. Et les risques encourus pèsent parfois très fort dans la balance." Une pression aussi brillamment mise en scène que le désir.

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Crédit photo : Jabu Jabu