cinémaAvec "Leviticus", le fantastique s’attaque aux thérapies de conversion

Par Florian Ques le 05/10/2026
leviticus,film lgbt,cinéma queer,cinéma lgbt,thérapie de conversion,cinéma,thérapies,conversion,fantastique,horreur,Chiarella,adrian,critique,avis

Pour son premier long-métrage, Leviticus, le réalisateur australien Adrian Chiarella mêle fantastique et drame queer pour dénoncer la répression religieuse de l’homosexualité. Au cinéma dès ce 7 octobre.

Applaudi à l'international par les aficionados du genre, le cinéma d'horreur australien connaît depuis quelques années un nouvel essor des plus intéressants grâce notamment aux propositions alléchantes des jumeaux Philippou (La Main, Substitution) ou encore au film de requin décomplexé Dangerous Animals de Sean Byrne. À ce lot vient s'ajouter Leviticus, premier long-métrage du cinéaste Adrian Chiarella en salle ce mercredi 7 octobre, qui pointe la violence des thérapies de conversion en l'enrobant d'une couche surnaturelle.

À lire aussi : Adèle Exarchopoulos : "Je serai toujours du côté de l’amour"

À la suite du décès de son père, Naim, lycéen, déménage contre son gré avec sa mère, particulièrement croyante, dans une petite communauté évangéliste du sud-est de l'Australie. Son morne quotidien est transformé par sa rencontre avec Ryan, avec lequel il noue une relation. Soupçonnés d'être gays, les deux ados sont soumis de force à un rituel traumatisant qui libère une entité violente qui prend l'apparence de la personne qu'ils désirent le plus : l'un l'autre. Dès lors, ils doivent se prêter main forte pour lutter contre cette force malveillante avant qu'il ne soit trop tard…

Impossible de ne pas voir ici une filiation avec It Follows. En 2014, ce dernier explorait les ravages d'une entité métamorphe qui harcelait sans relâche une adolescente à la suite d'un rapport sexuel. Si l'influence du film est évidente – notamment dans son rythme et sa manière de dépeindre un présent volontairement flou, difficile à dater –, Leviticus parvient à être plus qu'un ersatz du chef-d'œuvre de David Robert Mitchell en lorgnant du côté de Gus Van Sant, dans sa manière réaliste et implacable de dépeindre une jeunesse torturée. Révélations du film, Joe Bird et Stacy Clausen, qui jouent les deux héros, apportent d'ailleurs une vraie authenticité aux rôles.

En dépit de son marketing ciblant les fanas d'épouvante, Leviticus tend davantage vers le drame psychologique, l'horreur restant sans doute son versant le moins maîtrisé. Il remplit en revanche parfaitement sa mission de creuser les dégâts causés par les "thérapies" de conversion. "C'est ce qu'ils voulaient, pas vrai ? Qu'on ait peur l'un de l'autre ?", lâche un des deux héros au milieu du film. L'entité n'est que la personnification de la violence à l'œuvre dans ces pseudo-thérapies et la trajectoire de Naim, marquée par une angoisse et une paranoïa permanentes, est le reflet de leurs tragiques conséquences, loin du salut promis. Dans cette dénonciation parfois sanglante Leviticus laisse entrevoir une issue possible : l'amour et l'acceptation, increvables.

À lire aussi : "Dix pour cent, le film", le charme intact de nos stars foutraques

Crédit photo : Originals Factory