Interview exclusive de Justin Trudeau :
Opinions et débats

Interview exclusive de Justin Trudeau : "Tolérer ne suffit pas ! Il faut accepter, aimer, être fier"


Pour bien des Canadiens, il s’appelle tout simplement « Justin », et sa réputation d’allié des personnes LGBT dépasse déjà largement les frontières de son pays. Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est entré dans l’histoire dimanche en devenant le premier chef de gouvernement canadien à marcher dans le défilé de la Fierté de Montréal, après ceux de Toronto et de Vancouver.

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Crédit photo : TÊTU/JLacroix

Dans une interview exclusive avec TÊTU, le Premier ministre Justin Trudeau explique ce qui le motive à défendre les enjeux LGBT, et tout le chemin qu’il reste à parcourir, au Canada, en France et ailleurs.

 

par Philippe Orfali

TÊTU | Vous avez marché aujourd’hui à la Pride de Montréal pour la première fois depuis votre élection en tant que premier ministre, en octobre dernier. Est-ce différent, cette année ? Pourquoi est-ce important pour vous d’être présent à nouveau cette année?

Justin Trudeau | La Pride, ça fait partie de tous mes étés. Cela fait des années que je participe à la Fierté de Montréal, pour souligner à quel point les questions de respect des droits de la communauté LGBT, d’ouverture, de la fierté de la communauté, mais aussi de son intégration au sein de la vie de tous les Canadiens, est importante. Chaque année, les gens me demandent : « Est-ce que c’est encore important que les politiciens viennent au Défilé ?» Mais avec des événements comme la tragédie d’Orlando, force est d’admettre qu’il faut continuer. Il y a encore beaucoup trop de jeunes de la communauté qui se font harceler, qui vivent de l’intimidation au secondaire [au lycée, NDLR], par exemple. Il faut en parler.

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Crédit photo : TÊTU/JLacroix

Pourquoi pensez-vous que si peu de chefs d’État ou de gouvernement participent aux activités de la Pride, contrairement à vous?

Je pense que cela s’explique peut-être par le fait que je fasse partie d’une nouvelle génération [il a 44 ans, NDLR] Tu sais, je suis un représentant de ma génération, des valeurs de respect et d’ouverture que nous avons. Je suis peut-être un des premiers, mais cela ne tardera pas. D’autres chefs de gouvernements de nombreux pays vont faire de même au cours des prochaines années, j’en suis persuadé.

 Et qu’en est-il de François Hollande ? Le président français devrait-il, lui aussi, marcher dans la Pride comme vous le faites?

J’aimerais bien qu’il le fasse ! Je ne pense pas qu’il y ait de raisons pour lesquelles on ne devrait pas voir d’autres chefs d’État le faire. La reconnaissance des droits des personnes LGBT est essentielle, partout dans le monde.

Depuis votre élection à titre de député il y a maintenant sept ans, vous avez été très explicite dans votre appui à la communauté LGBT. Pourquoi avoir choisi cette cause ?

Pour moi, c’est une cause très importante. Je milite pour la diversité, l’ouverture, l’acceptation à tous les niveaux. La communauté LGBT a tellement souffert pendant des années. Ses membres souffraient en raison de leur identité, ils devaient prétendre, faire semblant. Aujourd’hui, on parle parfois de tolérance. Mais il ne faut pas seulement tolérer ! Tolérer, c’est simplement admettre que des gens puissent exister, du moment qu’ils ne viennent pas trop nous déranger. Aujourd’hui, il faut accepter, aimer, et en être fier ! Vivre dans le placard, au Canada, ça demeure une réalité. Mais j’aime penser que les citoyens sont de plus en plus indifférents par rapport à l’orientation sexuelle de leurs élus et des gens dans leur entourage. On est rendu à un point où, dans notre société, les gens peuvent être à l’aise avec qui ils sont.

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Crédit photo : TÊTU/JLacroix

Au niveau de la politique canadienne, quels sont les enjeux LGBT que vous considérez comme prioritaires ?

Il y a encore beaucoup trop de problèmes de harcèlement chez nous jeunes, dans les écoles, aussi dans certaines communautés culturelles plus traditionalistes. Il y a aussi énormément de travail à faire du côté des droits des trans, et c’est pourquoi notre gouvernement a présenté un projet de loi en ce sens [La Loi C-16, présentée en mai, doit interdire toute discrimination à l’endroit des trans. Le Code criminel sera lui aussi modifié, de sorte que les éléments de preuve prouvant qu’une infraction a été motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur l’identité ou l’expression de genre soient désormais considérés comme des circonstances aggravantes, NDLR]. Cela va offrir des protections concrètes à la communauté trans. Cette progression des droits LGBT, qui a commencé au Canada il y a près de cinquante ans avec mon père [Pierre Elliott Trudeau, premier ministre de 1968 à 1979, et de 1980 à 1984, NDLR], doit se poursuivre, à tous les niveaux.

Qu’en est-il du don du sang chez les hommes gays? Votre gouvernement a récemment abaissé de cinq à un an la durée de l’abstinence nécessaire afin de donner du sang, mais cette mesure a été très critiquée dans la communauté.

 Je ne suis pas satisfait de la situation actuelle concernant le don du sang pour les personnes homosexuelles. Que ce soit 1 ans ou 5 ans, ça ne change pas grand chose pour la majorité des gens : ils ne pourront pas donner de sang. C’est pourquoi nous avons investi trois millions de dollars pour que la sélection des donneurs de sang se fasse en identifiant les comportements à risque plutôt que l’identité ou l’orientation sexuelle. Ça s’en vient dans les mois et dans les années à venir.

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Crédit photo : TÊTU/JLacroix

A l’échelle internationale, quels sont les enjeux liés à la communauté LGBT qui vous préoccupent ?

Dans bien trop de pays, il est encore illégal d’être gay, c’est parfois même passible de la peine de mort. C’est tout simplement inacceptable, et la promotion des droits LGBT fait partie des valeurs que le Canada se doit de promouvoir dans le monde. Quand j’ai participé au sommet du Commonwealth [une organisation internationale composée de 53 États, pour la plupart d’anciens territoires de l’Empire britannique, NDLR], j’ai parlé des droits LGBT à tous ces chefs d’États africains qui sont beaucoup moins progressistes à ce niveau-là. On va continuer de souligner, de parler, de pousser, de mettre la pression sur la communauté internationale afin qu’elle reconnaisse les droits des personnes LGBT. À ce titre, j’ai demandé à nos diplomates de prendre un rôle d’avant plan, de promouvoir ces enjeux, pas seulement auprès des gouvernements, mais directement dans la population, avec les réseaux sociaux, dans leurs activités avec la société civile. Le Canada peut et doit prendre un rôle très actif au sein de la défense des droits LGBT à l’échelle internationale.

Vous avez mentionné l’Afrique, mais la France et l’Europe ont-elles des choses à apprendre du Canada à ce chapitre ?

(Rires) Je pense qu’on a tous des choses à apprendre les uns des autres. C’est une évolution de société qui va à son propre rythme dans différents pays, et on se doit de continuer à s’encourager. Je suis heureux que le Canada puisse être chef de file dans ces enjeux-là.

Est-ce que des manifestations anti-gay comme celles qu’a connues la France au cours des dernières années auraient pu être envisageables au Canada?

Ce qu’on a vu ici au Canada, et aussi ailleurs, c’est que oui, il y a toujours des minorités très bruyantes qui sont réfractaires à ces changements, que ce soit concernant le droit à l’avortement, ou encore la légalisation du mariage gay [survenue en 2003 dans certaines provinces, puis en 2005 au niveau national, NDLR], mais la grande majorité des gens comprennent que c’est une évolution normale. Défendre les droits des minorités, c’est un élément fondamental de notre identité de Canadiens. La diversité est vraiment l’une de nos forces au Canada. J’ai beaucoup d’affection pour la France, et les moments difficiles qu’a vécu la France au cours des derniers mois nous ont beaucoup touchés au Canada, et moi personnellement. Les Français, ce sont nos cousins. Qu’on puisse échanger, et peut-être apprendre l’un de l’autre, pour moi c’est extrêmement important.

justin trudeau
Crédit photo : TÊTU/JLacroix

Merci beaucoup, M. Trudeau.

 

Pour en savoir plus :






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Crédit photo de couverture : TÊTU/JLacroix

  • Alain Rioux

    Le suffrage UNIVERSEL est garant de l’ègalité de tous les citoyens. A ce titre, l’État doit être impartial et juste envers tous. Le citoyens doivent se tolérer entre eux. Que demander de plus, l’applaudissement? Quelle imposture! Car, tandis qu’au nom de la liberté de conscience, l’État contraint le maire Tremblay à d’abstenir de prier en public, d’un autre côté, l’État fait l’apologie de la secte LGBT… Est-ce là la « justice » exigée?

    • Frank

      Le mot «secte» détruit votre argument.

      • Alain Rioux

        Es-tu seulement capable de reformuler ce que j’ai écrit?…

        • Dominique Gauvreau Directeur G

          Voilà le genre de commentaire digne du Journal de Montréal! Votre deuxième intervention est de plus méprisante envers Frank, laissant entendre son manque d’intelligence. De grâce, épargnez-nous ce genre d’ineptie! Gay et fier, je le suis d’habiter au Québec et au Canada où nous avons des droits légaux et égaux. Nous vivons dans une société de droit. Ce n’est pas une société sous la loi religieuse.
          – Bigotry disguised as religious liberty…is still bigotry!

          • Alain Rioux

            La laïcité est une bien meilleure solution, qui reconnaît, IMPARTIALEMENT, tous les membres d’un pays comme citoyens égaux, LGBT, chrétiens, communistes, bouddhistes, mahométans, juifs, révisionnistes etc…
            A ce titre, peu me chalerait qu’on me traitât de bigot, pourvu que mes droits et libertés soient protégés par la force publique. Sinon, il faudrait recourir aux avantages d’un « second amendement », à l’Américaine…

          • Dominique Gauvreau Directeur G

            Monsieur, vous présumez et vous parlez en fonction de vos préjugés homophobes. Ce que vous ne savez pas, c’est que je suis chrétien et j’ai été animateur pastoral pendant des années. Donc, vos temples sont aussi les miens, ne vous en déplaise! Heureusement que les croyants que je fréquente n’ont pas votre étroitesse d’esprit.

          • Alain Rioux

            En effet, vous avez dû savoir vous y prendre, pour élargir le cercle de vos amis…
            *
            *
            *
            P.S. En quoi la défense d’une saine conception de la laïcité pourrait-elle être taxée « d’homophobe »?

          • Eshen

            Je débarque ici un peu par hasard et je suis consterné : vous rendez-vous compte de vos propos?
            Vous mélangez tout et insultez les gens au passage. C’est tellement naturel pour vous que vous ne voyez pas où se situe le problème.

          • Charlène Laghan-tiercy

            Je suis d’accord avec Eshen…

          • Alain Rioux

            On m’avait traité de bigot, de rhéteur minable, de sophiste, alors que je tentais d’observer que la laïcité, conçue comme neutralité de l’État envers toutes les particularités citoyennes, à titre d’idéologie, d’orientation ou de religion, était un bien meilleur moyen de rendre justice à tout un chacun que le syncrétisme multiculturaliste. A cet effet, s’il était juste de réclamer la réserve, en matière religieuse, au maire de Chicoutimi, alors, DE MÊME, le premier ministre Trudeau aurait dû s’abstenir de donner son appui aux exhibitions LGBT. Sinon, ce n’est pas du multiculturalisme mais du syncrétisme persécuteur qui est, de la sorte, promu. Considérez qu’à pousser de cette façon, ça risque de péter au visage. Certes, ça ne peut vous effrayer, car vous en avez sûrement l’habitude…

          • Eshen

            Voyez votre dernière phrase, qui me fait l’effet d’un sous-entendu provocateur : « vous en avez sûrement l’habitude… ». Qui ça, « vous »? Moi? Les homosexuels?

            Par ailleurs, c’est votre conception de la laïcité qui m’interpelle dans la mesure où vous l’étendez étrangement : il s’agit de la séparation du pouvoir politique et des organisations religieuses. La défense des droits LGBT ne relevant pas du religieux, l’Etat peut donc intervenir s’il le juge nécessaire. Ce que fait Trudeau ne contrevient pas au principe de laïcité (auquel je dois être autant attaché que vous).
            C’est comme défendre le droit des femmes ou combattre la pauvreté.

            Si je comprends bien pour vous, l’Etat doit rester neutre sur cette question. On peut voir les choses ainsi mais il est difficile de rattacher cela au principe de laïcité. J’ai le sentiment que vous ne souhaitez pas que les droits LGBT soient défendus. C’est votre droit le plus strict, mais à ce moment-là ayez le courage de vos convictions sans vous cacher derrière la laïcité.

          • le vicomte

            Moi aussi je suis d’accord avec Eshen, la laïcité est, selon le Larousse, une « Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement ». Donc rien a voir avec l’égalité des droits, quels qu’ils soient, ou l’orientation politique mais réduit bien le pouvoir des religions au néant concernant l’éducation et la politique, ce qui n’est malheureusement pas le cas (notamment dans des mouvements politiques conservateurs tels que la manif pour tous ou civitas, sans parler des survivants, ces mouvements extrémistes étant pour certains lies a des candidats politiques).

          • Alain Rioux

            Il n’y a pas plus de droits LGBT, qu’islamiques, bouddhistes, juifs, communistes, chrétiens, capitalistes etc… Enregistrer chacun de ces droits mènerait à la guerre civile. Il n’y a que des droits citoyens: la liberté de pensée, d’opinion, de religion, de vie privée, dont l’orientation sexuelle entre adultes consentants, etc…

          • le vicomte

            Ce que vous défendez s’appelle la passivité de l’état, pas la laïcité, ne mélangez pas tout.

          • Alain Rioux

            La laïcité, entendue comme simple sécularisme, s’accommode même des régimes politiques autoritaires ou
            dictatoriaux (Turquie, Syrie, Irak de Saddam Hussein, entre autres). La laïcité, comprise comme neutralité étatique intégrale, est l’apanage exclusif de la démocratie, fondée sur le contrat social. Car, elle est l’enregistrement, par l’État, par delà les aléas de la votation, de l’acte général de liberté qu’il implique. De sorte que, l’État doit regarder les citoyens comme foncièrement libres et ne pas tenter de les influencer, sous aucun rapport, ni religieux ni idéologique. Contrairement à de la passivité, cette neutralité et impartialité de l’État révèlent son engagement actif à l’endroit de la liberté, exprimée de façon éminente, par le suffrage UNIVERSEL.

          • le vicomte

            Donc un état qui fait une campagne contre les violences domestiques ou l’alcool au volant n’est pas laïque car il influence idéologiquement son peuple ? Oui, certaines dictatures sont parfaitement laïques, plus que notre démocratie ne l’est et alors, qu’est ce que cela prouve ? Je cite purement et simplement la définition du dictionnaire, vous n’êtes pas d’accord avec, je vous conseille de vous adresser a l’académie française pour faire changer la définition.

          • Alain Rioux

            Les libertés comportent des devoirs, ne pas violenter quiconque, ne pas mettre la vie d’autrui en danger etc… La laïcité de l’État se combine avec les droits individuels, qui ne sont que les déclinaisons particulières de la liberté générale, protégée par la laïcité de l’État. Par ailleurs, l’Académie française ne fait qu’enregistrer un usage, elle n’élabore pas de notions, ce qui est le domaine de la philosophie. Or, puisque je suis politologue, spécialisé en matière de laïcité, je ne saurais admettre la confusion triviale entre sécularisme et laïcité… De sorte que, la laïcité, ne se résumant pas au sécularisme, exclut le communautarisme et le multiculturalisme, en ce qu’ils obligent l’État à reconnaître les différences particulières des individus, niant ainsi leur unité foncière, dans l’exercice la liberté citoyenne. L’État démocratique ne peut reconnaître que des citoyens égaux, munis de droits égaux, pas des ethnies, ni des lobbies. Sinon, nous ne serions plus en démocratie mais en démagogie, emporté à tous vents d’intérêts particuliers, en une dictature de la majorité, qui est la pire forme de tyrannie!

          • Lee

            Ceci est votre point de vue, vous n’avez rien a prouver a qui que ce soit. N’oublions pas que chaque individu étant différents, nous persevons et comprenons les choses différemment, ce qui peut avoir comme effet d’engendrer un dialogue de « sourd ». Le but ici n’est pas de savoir qui a tort ou raison (liberté de pensée) mais qui pense quoi et qu’elles sont les possibles répercutions.
            Je pense que la laïcité n’a aucun rapport ici. Son but n’étant pas d’attiser haine et violences mais aux contraire. N’oublions pas que l’on EST LGBT, chimiquement parlant, on ne le devient pas du jour au lendemain parceque x ou y dit que « c’est cool ». Les religions, régimes politiques, économiques …ne sont quand a eux que des façons de voir, faire, vivre, comprendre, être, que l’on peut changer sous l’influence de… il devient ainsi difficile de comparer les deux. Sinon, nous devrions aussi condamnés les heteros qui s’affichent, non ?

          • Alain Rioux

            Le fait d’utiliser un langage ne prouve-t-il pas que nous estimons pouvoir nous comprendre?

          • le vicomte

            Comme vous l’avez souligne, les libertés comportent des devoirs notamment celle de ne pas violenter quiconque ou, en démocratie tout du moins, de faire preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit a l’égard de la différence, qu’elle soit ethnique, religieuse, identitaire, d’orientation sexuelle, ayant attrait au handicap… Dans le but d’avoir un débat calme et pose ou les questions importantes sont posées avec des arguments valables sans violence verbale dans l’optique de prendre des décisions efficaces et utiles. L’un des rôles de l’état, consistant a défendre les minorités contre les actes de violences, qu’ils soient verbaux ou physiques, c’est normal que des membres d’un gouvernement défendent une minorité comme les lgbt, persécutée encore de nos jours dans bon nombre de pays. De la même manière, un membre du gouvernement peut apporter son soutien aux personnes handicapées, a la communauté d’origine italienne, a la communauté chrétienne ou musulmane, tant que ce soutien se fait dans une atmosphère tolérante et ouverte envers la différence. Or, le fait de prier en public n’est pas un soutien envers une communauté (ici la communauté chrétienne). La religion, comme le sexe sont et doivent rester du domaine prive, contrairement a l’opinion politique ou au soutien politique quel qu’il soit tant qu’il respecte les lois et l’éthique d’une démocratie digne de ce nom.

          • Alain Rioux

            La force de l’État, en démocratie, en une force publique et commune au corps social. De sorte qu’à ce stade, aucune minorité ni particularité ne peuvent être prises en compte. Néanmoins, toute atteinte au citoyen est atteinte au corps social. C’est de cette façon que les libertés sont défendues. Sinon, concevoir la société politique autrement revient à les dresser les minorités les unes contre les autres, en laissant au gouvernement un rôle arbitral fragile, susceptible de tomber aux mains des plus forts. C’est pourquoi, nul élu ne devrait prendre fait et cause pour autre chose que les lois du pays. Au reste, l’expression de la religion n’a pas à demeurer privée comme la sexualité. Car, la religion est l’expression d’une opinion, tandis que la sexualité est partage d’une intimité consentie. Certes, tout membre de l’État doit s’abstenir de manifester une préférence idéologique ou religieuse mais pas tout citoyen, tandis qu’aucun citoyen ne doit imposer son intimité à quelqu’un de non-consentant. Votre exemple est bancal, puisque d’un côté, il faut préserver la liberté religieuse, alors que de l’autre, il faut empêcher la négation de la liberté à la vie privée.

          • le vicomte

            Je suis bien d’accord avec Lee, ces 2 actions sont incomparables, entre la défense des droits d’un groupe de personne persécutée dans bon nombre de pays par un représentant de l’état et l’expression par un membre de l’état de sa religion publiquement.

          • le vicomte

            La laicite sépare juste l’église avec le pouvoir, le pouvoir politique et celui d’enseigner. Il parle des religions, en aucun cas de l’orientation politique (communiste ou autre) ou de son orientation sexuelle ou son identité de genre (lgbt). Vous vous emmêlez les pinceaux et utilisez des notions que vous ne comprenez pas pour essayer de dissimuler vos claires intentions homophobes. Triste de faire ça sur un media lgbt. Vous comparez un lieu de culte tel qu’un temple a un sauna; mais dois-je seulement vous rappeler que, contrairement a notre religion, on ne choisit pas son orientation sexuelle ou son identité de genre. Vos propos sont totalement vides de sens.

          • Alain Rioux

            La laïcité, entendue comme vous le faites, en tant que simple sécularisme, s’accommode même des régimes politiques autoritaires ou dictatoriaux (Turquie, Syrie, Irak de Saddam Hussein, entre autres). La laïcité, comprise comme neutralité étatique intégrale, est l’apanage exclusif de la démocratie, fondée sur le contrat social. Votre rejet de l’acception démocratique de la laïcité en dit long sur vos intentions et celles de vos acolytes. C’est, d’ailleurs, ce dont je voulais m’assurer…

          • le vicomte

            Pouvez vous exprimer clairement vos pensées je vous pris, notamment concernant mes « intentions et celles de mes acolytes ». Je ne fais que citer Le Petit Robert, Si vous n’êtes même pas d’accord avec le dictionnaire, je ne peux rien faire pour vous. Et rappelez vous, ne confondez pas laïcité et passivité d’un état.

    • benji

      Vous harcelez les LGBT jusque chez eux (Têtu)…

      • Alain Rioux

        Où est le harcèlement? Je défends la laïcité, car je ne voudrais pas avoir recours, si besoin, aux avantages
        d’un « second amendement », pour faire respecter mes droits, dont celui de pratiquer une religion, par exemple, sans être contraint de côtoyer des indésirables… Chacun chez soi!

  • jay

    En voilà une tête pensante digne d’un être humain. Du XXIè siècle de surcroît. Hommage. Remerciements. Profonde admiration.

    • Alain Rioux

      Trudeau nous parle d’amour… Aurait-il oublié que le concept de différence de fortunes en est l’antithèse?

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