La Chine tente toujours de "soigner" l'homosexualité

Un homme chinois intente un procès à l'hôpital qui a voulu le "guérir de son homosexualité". La pratique serait encore courante dans le pays, malgré les avertissements de la communauté internationale.

L'AFP relate l'histoire de Yu Hu, 32 ans, qui vit dans la province du Henan, au centre-est de la Chine. Après avoir fait son coming out à son épouse, celle-ci a prévenu un hôpital psychiatrique qui l'a fait interner et lui a administré sous la menace toute une série de médicaments pendant une vingtaine de jours. Yu Hu a déclaré à l'AFP que "des employés menaçaient de le frapper s'il refusait d'ingérer" les pilules. C'est lorsque des militants LGBT ont contacté la police que la clinique a accepté de le faire sortir. M. Yu a déclaré à l'AFP être "assailli de cauchemars" et réclame que "le personnel médical soit condamné. Ce n’est pas un crime d’être gay, ce qu’ils m’ont fait oui".

Electrochocs

Le centre LGBT de Pékin explique que ces pratiques demeurent courantes dans un pays où la politique de l'enfant unique n'a fait que renforcer la pression familiale. Beaucoup d'hommes et de femmes n'ont pas d'autre choix que de se marier et d'avoir un enfant. Quand ils sont envoyés dans ces cliniques, les gays sont parfois traités avec des électrochocs administrés sur les parties génitales mais aussi dans d'autres cas par castration chimique. Les frais pour ces "soins" ne descendent pas en-dessous de 2.600 euros et peuvent atteindre des sommes bien plus importantes.
Pourtant, en 2014, un patient avait gagné un procès similaire à Chongqing ("la plus grande ville du monde", dans le sud-ouest du pays) : la clinique avait été obligée de présenter des excuses publiques et de payer des frais de dédommagement.

"La Chine est trop grande"

La taille de la Chine empêche de brosser une évolution générale du niveau d'acceptation de l'homosexualité où les personnes LGBT, selon une étude citée par Frédéric Martel dans son ouvrage Global gay, sont près de 30 millions (la moitié de la population française). En revanche, les "camarades" (surnom que les gays se donnent ironiquement dans certaines villes en référence au Parti communiste au pouvoir) sont de mieux en mieux acceptés par la jeunesse des grands centres urbains. L'homosexualité avait été retirée en 2001 de la liste des maladies mentales et des personnalités avaient alors commencé à faire leur coming out.
Joëlle Yao, du centre LGBT de Pékin, explique que des militants vont à la rencontre des médecins pour "leur présenter des homosexuels afin de les convaincre que ce n'est pas une affliction. Ils en ressortent avec une vision complètement différente" car selon elle, en Chine, l'ignorance est la cause de plus d'homophobie que les croyances religieuses. Mais comme elle le dit à l'AFP, "la Chine est trop grande" pour ce travail de porte-à-porte...
 
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