30 maires saisissent l'ONU pour s'opposer au mariage pour tous

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Les « maires pour l’Enfance » déposeront demain un recours devant l’ONU pour dénoncer « l’atteinte à leur liberté de conscience ». Un nouveau moyen pour s’opposer au mariage pour tous.

Décidément, l’enfance va mal en France voire très mal si l’on considère le nombre de fois où sa protection est brandie comme un étendard contre la perversion de notre société. « Intérêt supérieur de l’enfant » pour les uns ; « protégeons nos enfants« , pour les autres : il ne se passe pas un jour sans que nos chères têtes blondes soient instrumentalisées par les pourfendeurs de la famille traditionnelle.
Une nouvelle croisade vient de voir le jour, celle des « maires pour l’Enfance ». Ce collectif « rassemble des maires et adjoints de tous les horizons et de toutes les sensibilités politiques opposés au mariage et à l’adoption par des couples homosexuels ». Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue hier, les élus ont annoncé leur intention de déposer un recours devant l’ONU pour que leur soit reconnue leur « liberté de conscience ». En effet, les « maires pour l’enfance » considèrent que l’obligation qui leur est faite – depuis l’adoption de la loi Taubira en 2013 – de marier des couples de même sexe va à l’encontre de l’article 18 du Pacte de l’ONU relatif au droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, ainsi qu’à la liberté de manifester sa religion.

Mariage pour tous : des maires dans l’illégalité

« Nous ne voulons pas marier deux hommes. Nous ne voulons pas marier deux femmes. Pour nous, le mariage, c’est un homme et une femme », s’insurge Franck Meyer, maire UDI de Sotteville-sous-le-Val. Et ce dernier de reconnaître avoir « répondu défavorablement » à deux hommes de sa commune qui l’avait sollicité pour célébrer leur mariage. Un refus hors la loi puisque la circulaire Valls du 13 juin 2013 ayant pour objet les « Conséquences du refus illégal de célébrer un mariage de la part d’un officier d’état civil » rappelle les risques encourus par les frondeurs, des sanctions disciplinaires aux poursuites pénales pour discrimination.
En novembre 2012, François Hollande avait déclaré devant le congrès des maires de France que la loi Taubira s’appliquerait « pour tous dans le respect néanmoins de la liberté de conscience », avant de faire marche arrière. Une volte face que n’ont toujours pas digéré les « maires pour l’Enfance ». De fait, Hervé Mariton – membre du collectif – considère le recours devant l’ONU comme « tout à fait justifié et bienvenu », tout en soulignant « ne pas lancer un appel à la désobéissance civile ».
Le collectif d’élus joue probablement son va-tout puisque toutes les voies de recours internes ont été épuisées. Le Conseil constitutionnel ainsi que le Conseil d’Etat ont refusé de reconnaître leur « liberté de conscience ». La Cour européenne des droits de l’homme, également saisie, ne s’est toujours pas prononcée.
Crédit photo : Twitter/@collectif_MPE

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