artisteOuganda : un festival accusé de "promouvoir l'homosexualité" finalement autorisé

Par Youen Tanguy le 07/09/2018
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Le festival de musique électronique ougandais Nyege Nyege a finalement été autorisé au lendemain d'une interdiction annoncée par le ministre de l'Ethique, qui accusait l'événement de « promouvoir l'homosexualité ».

Son interdiction avait été annoncée en grande pompe par le ministre de l'Ethique Simon Lokodo. En Ouganda, le festival électro Nyege Nyege, l'un des plus importants d'Afrique de l'Est, a finalement été autorisé à se tenir. Il a débuté jeudi et doit se terminer dimanche 9 septembre.

Le gouvernement a donné son feu vert aux organisateurs 24h avant le début du festival, sous certaines conditions : aucun mineur ne peut être présent le soir, la police doit avoir accès au site et tout « acte homosexuel » est strictement interdit.

Un festival « proche de la vénération du diable »

Les déclarations de Jeje Odongo, le ministre de l'Intérieur, vont à l'encontre de celles Simon Lokodo qui avait accusé le festival mardi de promouvoir des pratiques selon lui immorales comme le sexe ou l'homosexualité.

« Nous n'accepterons pas de perdre notre morale, l'homosexualité ne sera pas acceptée » , avait-t-il déclaré, soutenant que le festival « est proche de la vénération du diable et donc inacceptable ».

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Soulagement des artistes

Les organisateurs de l'évènement, où sont attendus près de 10.000 personnes, avaient, eux, évoqué une « mauvaise interprétation des faits » par le ministre Lokodo, et déploré l'impact économique d'une annulation, pour eux, les festivaliers et les fournisseurs, mais aussi pour le secteur du tourisme en Ouganda.

Une des musiciennes participant au festival, la Sud-africaine Show Madjozi, a elle exprimé à la télévision locale NBS son soulagement de voir l'événement autorisé, expliquant qu'une annulation aurait été « bouleversante car (le festival) met en avant la beauté de l'Afrique ».

L'homophobie est répandue en Ouganda, où les relations dites « contre nature » sont passibles de la détention à perpétuité en vertu d'une loi datant de la colonisation britannique.

 

(Avec AFP)

Crédit photo : capture d’écran Facebook.