festivalOuganda : interdiction d'un festival accusé de "célébrer" l'homosexualité

Par Youen Tanguy le 05/09/2018
Ouganda

Les autorités ougandaises ont annoncé mardi l'interdiction d'un des plus importants festivals de musique électro d'Afrique de l'Est, estimant qu'il promeut le sexe, l'homosexualité et des pratiques qualifiées d'immorales.

Le festival serait « proche de la vénération du diable ». Rien que ça. Un festival de musique électronique, qui devait se tenir du 6 au 9 septembre à Jinja, en Ouganda, a été interdit par les autorités ce mardi 4 septembre. La raison ? L'événement ferait la promotion du sexe et de l'homosexualité.

Le festival « a été compromis pour permettre la célébration de l'homosexualité et du mouvement LGBT, entre autres, ainsi que le recrutement des jeunes pour ce genre de pratiques », indique Simon Lokod, le ministre ougandais de l'Ethique (oui oui, ça existe), dans un communiqué. Selon lui, « il y aura de la nudité et de la sexualité à toute heure, ainsi que de l'alcool et des drogues interdites lors de ce festival ».

« Les étrangers ne viendront pas en Ouganda pour le sexe (...), nous allons sauver l'image de ce pays », assure Simon Lokodo, devenu une des figures emblématiques de l'actuel gouvernement ougandais en multipliant les sorties médiatiques musclées contre l'homosexualité en particulier, et tout ce qu'il juge immoral en général.

« Une mauvaise interprétation des faits »

Sur son site internet, Nyege Nyege se définit comme un festival de musique privilégiant la musique « underground », revendiquant ses racines africaines et défendant des valeurs telles que « la paix, le respect et la joie abondante »Derrick Debru, un des organisateurs de l'événement, déclare à l'AFP « ne pas savoir exactement ce qui va se passer »

Concernant les accusations du ministre Lokodo, Derrick Debru évoque « une mauvaise interprétation des faits ». « C'est la quatrième fois que nous accueillons le festival, et s'il y avait la moindre activité illégale, (...), le gouvernement n'aurait pas pu manquer de détecter un problème ».

Et d'ajouter : « Pour les gays, l'Ouganda n'est pas une destination logique pour promouvoir l'homosexualité puisqu'ils peuvent le faire librement dans leur pays, c'est comme faire du ski à Mombasa », une ville située au Kenya sur les bords de l'océan Indien, a-t-il par ailleurs ironisé.

A LIRE AUSSI : "En France, je peux crier que je suis lesbienne" : on a rencontré Biggie, Ougandaise participant aux Gay Games

L'homophobie est répandue en Ouganda, où les relations dites « contre nature » sont passibles de la détention à perpétuité depuis une loi datant de la colonisation britannique.

(Avec AFP)

Crédit photo : capture d'écran Facebook.