violAngers : un an de prison ferme pour avoir agressé sexuellement un homosexuel

Par Youen Tanguy le 11/09/2018
Angers

Un homme a été condamné à deux ans de prison, dont avec un sursis, pour l'agression sexuelle d'un jeune gay à Angers en 2013.

Les faits remontent au 29 mai 2013. Thomas*, un jeune homme homosexuel, sort d'un établissement de nuit dans le centre-ville d'Angers, à proximité de la place Molière. Il regagne son véhicule quand un homme le bouscule, le coince contre une voiture et l'oblige à lui pratiquer une fellation.

Cinq ans plus tard, l'agresseur de Thomas est enfin passé devant la justice après un long parcours du combattant. Selon l'association Quazar, qui révèle l'affaire, Thomas avait été "humilié" au moment de son dépôt de plainte "par des questions sur un éventuel acte de prostitution de sa part". Plainte qui sera d'ailleurs classée sans suite quelques mois plus tard.

Correctionnalisation des poursuites

Peu de temps après, Thomas se décide à déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, conduisant à l'ouverture d'une nouvelle enquête par le parquet d'Angers. Quazar regrette toutefois que Thomas ait dû "céder à la correctionnalisation des poursuites pour éviter un non-lieu".

Les faits ont été qualifiés d'agression sexuelle et non de viol, comme cela devrait être le cas lors de toute pénétration non consentie. "Une tendance actuelle de la justice, dénoncée par nombre d'associations de protection des femmes victimes de viols", regrette Quazar.

Un procès plus qu'attendu

Vendredi 7 septembre, le tribunal correctionnel d'Angers a finalement reconnu l'agresseur de Thomas coupable. Le quarantenaire a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis, assortis de deux ans de mise à l'épreuve avec obligation de soins et de travail, et à 5.000 euros de dommages et intérêts.

Et Quazar de rappeler : "Cette audience du tribunal correctionnel d'Angers n'a pourtant été possible que grâce à la ténacité de Thomas et à sa seule volonté de voir son violeur poursuivi pour qu'il ne récidive pas".

*Le prénom a été changé

Crédit photo : Creative Commons.