Kenya : la décision tant attendue sur la décriminalisation de l’homosexualité est reportée

Ce 22 février 2019, la Haute Cour du Kenya devait se prononcer sur les lois criminalisant l’homosexualité. Un véritable espoir pour la communauté LGBT+ du pays, qui s’expose encore à des poursuites et à des peines de prison. Mais la décision, très attendue, a malheureusement été repoussée en mai.

Il aurait pu être le deuxième pays africain à décriminaliser l’homosexualité cette année. Après l’Angola, le Kenya devait revoir ses lois criminalisant la communauté LGBT+ ce vendredi 22 février. Des lois homophobes, datant de l’époque coloniale, qui prévoient jusqu’à 14 ans de prison pour des « pratiques contre l’ordre naturel ». L’audience est finalement repoussée en mai, faute de temps de la part des juges qui croulent sous le travail. Décevant.

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Saisie en 2016 par des organisations de défense des homosexuels, la Haute Cour du Kenya ne tranchera pas tout de suite. Une nouvelle audience est prévue le 24 mai, soit trois mois après la date initiale. Chacha Mwita, un juge assigné à l’affaire, se justifie auprès de l’AFP : « La pile de dossiers est plus haute que moi ». Il ajoute qu’un de ses collègues est en congé, et que trois autres sont sur beaucoup de cas en même temps. Ils se réuniront une première fois en avril pour discuter de l’affaire.

Un jugement historique

De nombreuses personnes s’étaient rendues au tribunal, ce vendredi 22 février. Brian Macharia, un activiste homosexuel, rapporte à l’AFP : « Beaucoup de gens qui étaient venus ici étaient très excités et attendaient le jugement, car c’est un jugement historique au Kenya ». Le Conseil national des droits de l’Homme pour les gays et lesbiennes (NGLHRC), un des signataires de cette action en justice, a fait part de son désenchantement sur Twitter : « Dire que nous sommes déçus serait un euphémisme ».

https://twitter.com/NGLHRC/status/1098830141222989824

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Cette décision s’inscrit dans un contexte d’urgence. L’homosexualité est toujours illégale dans plus de la moitié des pays africains, et est parfois passible de mort. Mais l’espoir subsiste. Etudié en mai, cette revendication a toutes les chances de passer au Kenya, notamment car il s’oppose au code pénal qui promet, depuis 2010, l’égalité des citoyens devant la loi.

(Avec AFP)

Crédit photo : SIMON MAINA / AFP.

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