L’homophobie est en hausse dans les pays où le mariage pour tous n’est pas légal

Une étude européenne explique que l’homophobie est en hausse dans les pays n’ayant pas encore légalisé le mariage entre personnes de même sexe.

L’absence de mariage pour tous dans certains pays est bel est bien une cause indirecte de la montée de l’homophobie et des actes homophobes en Europe. C’est ce que confirme une étude menée entre 2002 et 2016 à l’échelle européenne par le European Social Survey à travers 30 pays, et notamment en Europe de l’Est.

Le degré d’acceptation de la communauté LGBTQ+ est en progression sur tout le continent, sauf à l’Est. En effet, des pays comme la Bulgarie, la Lituanie, la Pologne ou l’Ukraine, sont moins tolérants. Même chose en Russie, où la propagande gouvernementale anti-droits LGBT+ tourne à plein régime. À l’affirmation « Les hommes gays et les femmes lesbiennes devraient être libres de vivre leur vie comme bon leur semble », une majorité de Hongrois et de Russes avait tendance à être en désaccord.

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« Au fil du temps, les pays de l’ancien bloc de l’Est sans reconnaissance légale des unions entre personnes de même sexe sont devenus de moins en moins tolérants envers les gays et les lesbiennes », a expliqué à Reuters, fin août, Judit Takacs, l’une des chercheuses, elle-même basée en Hongrie. L’Europe du Sud s’en sort mieux.

Le mariage pour tous « normalise les relations »

Bien que l’étude ne porte pas directement sur le mariage pour tous, les chercheurs assurent que la présence de ce dernier « normalise les relations ». Une plus grande protection de l’État aurait pour effet presque immédiat de faire reculer les actes et, plus généralement, le sentiment homophobe. Pointant les régimes de Victor Orban en Hongrie, où les gays sont régulièrement fustigés, les chercheurs mettent en avant « l’efficacité des messages de propagande contre les migrants et les LGBT+ » 

En Pologne, la communauté fait face à une vague d’homophobie sans précédent, menée par l’Église, ainsi que par les partis et médias d’extrême droite, comme Gazeta Polska. Le journal avait récemment distribué des autocollants « Zone sans LGBT » avec une de leurs éditions.

Les déclarations à l’emporte-pièce de dirigeants populistes poussent aussi l’opinion publique à aller dans le sens de leurs leaders. « À terme, c’est très important de comprendre que l’on peut désapprendre ces préjugés. C’est un message fort : on peut apprendre à être ouvert d’esprit, tout comme on apprend à être intolérants », conclut Judit Takacs.


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