adoptionEn Russie, un couple gay pourrait se voir retirer ses deux enfants

Par tetu le 30/07/2019
Russie

La justice russe accuse de négligence l'agent des services d'adoption ayant autorisé un couple gay à adopter. Les deux adolescents de douze et quatorze ans pourraient être retirés à leurs pères.

Mise à jour 30/07/2019 : L'employé de l'agence qui a autorisé l'adoption est accusé de négligence pour n'avoir "pas pris les mesures appropriées pour protéger des mineurs d'informations nocives à leur santé." 

Le couple pourrait se voir retirer ses enfants de douze et quatorze ans, au nom de la loi interdisant "la propagande homosexuelle". Une première depuis la ratification de la loi, en 2013, qui inquiète les associations et les familles homoparentales russes.

La Russie continue dans la discrimination des LGBT+. La justice a annoncé mercredi 17 juillet l'ouverture d'une enquête pour « négligence » contre des fonctionnaires ayant autorisé un couple gay à adopter deux enfants. Des employés de service d'aide sociale de Moscou auraient, selon les enquêteurs, permis à deux garçons - aujourd'hui adolescents - d'être adopté par le couple en 2010.

Les fonctionnaires risquent une amende ou des travaux d'intérêts général. « Il s'agit de la première fois qu'une telle chose arrive », a expliqué l'avocat Maxime Olenitchev de l'ONG Vykhod à l'AFP, une information rapporté par Le Parisien.

À LIRE AUSSI : On a rencontré Artem, le jeune gay russe du film « Coming-out »

Annuler l'adoption ?

La Russie interdit depuis 2013 les adoptions d'enfants russes par des couples de personnes de même sexe étrangers mais aussi par des couples non-mariés issus de pays où le mariage des couples de même sexe est autorisé. En revanche, aucune loi n'interdit formellement à des homoparents russes d'adopter au pays de Vladimir Poutine. Toutefois, ces derniers ne peuvent pas légalement officialiser leur union. Et donc ne sont pas reconnus tous deux comme parents de l'enfant.

Dans un communiqué, les enquêteurs ont par ailleurs accusé le couple gay de faire la promotion auprès de leur progéniture « des idées tordues sur les valeurs familiales, sapant leur santé et leur développement moral et spirituel ». Selon Maxime Olenitchev, cette affaire « pourrait donner à l'État l'opportunité d'exiger l'annulation de l'adoption ». 

À LIRE AUSSI : Russie : la loi interdisant la propagande homosexuelle « met en danger les enfants »

Si l'homosexualité a été dépénalisée en 1993 en Russie, Moscou accentue depuis quelques années la pression sur les personnes LGBT+. Son refus d'enregistrer des associations de défense des droits LGBT+ a été récemment condamnée par la Cour européenne des Droits de l'Homme. Elle est également accusée de fermer les yeux sur les purges homophobes en Tchétchénie.

Crédit photo : Shutterstock.