Le 18 mai dernier, ces étudiants l'Institut catholique d'enseignement supérieur (ICES), avaient saccagé un stand LGBT et scandé "Homo-folies, ça suffit". Aujourd'hui, ils ont été reconnus coupables d'entrave à la liberté de réunion mais relaxés sur les accusations d'injures homophobes.
Le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon a condamné, ce lundi 9 septembre, douze étudiants pour entrave à la liberté de réunion après le saccage d'un stand LGBT dans la capitale vendéenne lors de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Elle les a néanmoins relaxé pour les accusations d'injures homophobes. Les étudiants de l'Institut catholique d'enseignement supérieur avaient traversé le village associatif en scandant "Homo-folies, ça suffit" et en chahutant plusieurs personnes.
Ce samedi 18 mai 2019, le village associatif pour la journée de lutte contre l'homophobie et la transphobie, organisé à la Roche-sur-yon, a été victime l'homophobie et de transphobie! #IDAHOT2019 #homophobie #transphobie pic.twitter.com/YQG3HFpRsH
— Centre LGBT Vendée (@CentreLGBT85) May 18, 2019
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Les injures non-retenues
Par ailleurs, l'un de ces étudiants a été reconnu coupable de violences, deux de vol et de dégradation d'un drapeau LGBT+ et un autre de dissimulation de visage. Au total, cinq de ces jeunes ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, assortie à des heures de travail d'interêt général (TIG), allant de 180 à 240 heures. Les sept autres ont été condamnés à 100h de TIG chacun. "Cette décision est satisfaisante à certains égards et je pense très dure à d'autres égards", a considéré Benoit Fleury, avocat de huit étudiants. Les injures n'ont pas été retenues ce qui est pour Maître Fleury un "grand motif de satisfaction" mais "les peines sont extrêmement lourdes pour un délit d’entrave". "Je pense qu'on interjettera appel", a-t-il déclaré.
"Sachant que le parquet était à initiative des poursuites, nous souhaitons qu'il puisse interjeter appel de la relaxe sur les faits d'injures à raison de l'orientation sexuelle", a déclaré Jean-Bernard Geoffroy, qui défend notamment le centre LGBT.
"On veut la reconnaissance que l'homophobie est un délit"
Sophie Proquin-Salacroup, la présidente du centre LGBT dont le stand avait été ciblé, a regretté, à l'issue de ce procès, qu"il y ait des dommages et intérêts, mais nous, on ne veut pas d’argent, on veut la reconnaissance que l’homophobie est un délit". Quatre associations LGBT avaient été indemnisées à la hauteur de 500 euros chacune au titre de préjudice moral.
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Crédit photo : Pixabay / FOKUZA