Pour la justice, les étudiants qui ont saccagé le stand LGBT à La Roche-sur-Yon ne sont pas coupables d’homophobie

Le 18 mai dernier, ces étudiants l’Institut catholique d’enseignement supérieur (ICES), avaient saccagé un stand LGBT et scandé « Homo-folies, ça suffit ». Aujourd’hui, ils ont été reconnus coupables d’entrave à la liberté de réunion mais relaxés sur les accusations d’injures homophobes.

Le tribunal correctionnel de la Roche-sur-Yon a condamné, ce lundi 9 septembre, douze étudiants pour entrave à la liberté de réunion après le saccage d’un stand LGBT dans la capitale vendéenne lors de la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. Elle les a néanmoins relaxé pour les accusations d’injures homophobes. Les étudiants de l’Institut catholique d’enseignement supérieur avaient traversé le village associatif en scandant « Homo-folies, ça suffit » et en chahutant plusieurs personnes.

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Les injures non-retenues

Par ailleurs, l’un de ces étudiants a été reconnu coupable de violences, deux de vol et de dégradation d’un drapeau LGBT+ et un autre de dissimulation de visage. Au total, cinq de ces jeunes ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, assortie à des heures de travail d’interêt général (TIG), allant de 180 à 240 heures. Les sept autres ont été condamnés à 100h de TIG chacun. « Cette décision est satisfaisante à certains égards et je pense très dure à d’autres égards« , a considéré Benoit Fleury, avocat de huit étudiants. Les injures n’ont pas été retenues ce qui est pour Maître Fleury  un « grand motif de satisfaction » mais « les peines sont extrêmement lourdes pour un délit d’entrave« . « Je pense qu’on interjettera appel« , a-t-il déclaré.

« Sachant que le parquet était à initiative des poursuites, nous souhaitons qu’il puisse interjeter appel de la relaxe sur les faits d’injures à raison de l’orientation sexuelle« , a déclaré Jean-Bernard Geoffroy, qui défend notamment le centre LGBT.

« On veut la reconnaissance que l’homophobie est un délit »

Sophie Proquin-Salacroup, la présidente du centre LGBT dont le stand avait été ciblé, a regretté, à l’issue de ce procès, qu »il y ait des dommages et intérêts, mais nous, on ne veut pas d’argent, on veut la reconnaissance que l’homophobie est un délit« . Quatre associations LGBT avaient été indemnisées à la hauteur de 500 euros chacune au titre de préjudice moral.

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Crédit photo : Pixabay / FOKUZA

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