centre d'archivesUne "Maison des cultures LGBTQI+" verra le jour à Paris avant janvier 2020

Par Youen Tanguy le 18/09/2019
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INFO TÊTU - Après un appel à projet infructueux pour la création d'un centre d'archives, la mairie de Paris annonce à TÊTU qu'un "lieu de réunion, d’exposition et de stockage" verra bien le jour dans le IVe arrondissement avant janvier 2020.

Ça n'était pas le projet initial, mais les choses bougent. Après avoir lancé un appel à projet pour la création d'un centre d'archives dans un local du IVe arrondissement en mai dernier - resté sans réponse -, la mairie de Paris a pris la décision d'exploiter le lieu malgré tout.

"Prenant acte de la maturation lente du projet d’archives, et avec des associations en demande d’un lieu de réunion, d’exposition et de stockage pour certaines d’entre elles, nous souhaitons créer la 'Maison des cultures LGBTQI+'", ont annoncé à TÊTU le premier adjoint à la Maire de Paris Emmanuel Grégoire et l'adjointe à la Maire chargée de la lutte contre les discriminations Hélène Bidard. Un nom qui, "en attendant de trouver mieux", devrait rester celui-là.

Un projet vieux de 20 ans

Ce projet, vieux de presque 20 ans, avait connu une accélération en 2017, au moment de la création du collectif Archives LGBTQI. Les discussions reprennent alors avec l'ex-premier adjoint à la maire, Bruno Julliard, qui finira par quitter ses fonctions pour d'autres raisons. En janvier 2019, le collectif, composé de journalistes, archivistes ou encore universitaires, reçoit un courrier de la mairie de Paris l'informant qu'un lieu de 500m2 a été identifié rue Malher, dans le IVe arrondissement de la capitale.

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Mais les points de vue divergent, notamment sur le fonctionnement du centre : le collectif le veut communautaire, c'est à dire géré par les associations, quand la mairie souhaite une co-gestion avec les archives publiques. Les réunions se suivent et un appel à projet est publié en avril dernier. Mais, sans candidat potentiel, la mairie a décidé de faire son propre projet.

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"Un lieu de mémoire, de visibilité et d'animation"

"Il s'agira d'un lieu de mémoire, mais surtout un lieu de visibilité et d’animation pour la communauté et toutes les associations qui irriguent la vie militante, détaille Emmanuel Grégoire. Les acteurs associatifs pourront ainsi s'y retrouver pour des réunions de travail ou y faire des expositions par exemple.

Une personne à temps plein sera recrutée en lien avec la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT) pour créer du lien avec les associations et faire vivre le lieu, dont l'ouverture est prévue en janvier 2020 "au plus tard". En effet, des travaux d'aménagement, d'un coût total de 400.000 euros, sont toujours en cours dans le local situé 22 rue Malher. Une centaine de milliers d’euros d’amorçage devraient également être investis "pour la première vague de fonctionnement en 2020".

Emmanuel Grégoire tient à préciser qu'il ne s'agit pas là d'un centre d'archives à proprement parler. "Une solution d’archivage sera proposée pour ceux qui le souhaitent, mais pas en lien avec les Archives nationales ou départementales." Pour le premier adjoint, ce choix a été fait pour "ne pas concurrencer et froisser le projet du 'Collectif archives'". Et d'ajouter : "Nous continuerons à dialoguer sur ce sujet avec le Collectif, même si nous n'avons pas eu beaucoup de nouvelles d’eux depuis cet été."

Un projet "hybride et bâtard" pour le collectif Archives

Sollicité par TÊTU, le collectif Archives LGBTI estime qu'il s'agit d'un projet "hybride et bâtard", proche de ce que fait déjà le centre LGBTI Paris Ile-de-France "sous-financé par rapport aux capitales européennes et américaines".

En parallèle, le collectif continue d'avancer sur son propre centre d'archives. "On finalise un projet associatif pour une levée de fonds à la rentrée 2020, avait détaillé Sam Bourcier lors d'une conférence de presse en juin dernier. On peut espérer des financements privés et des partenariats à l’international, avec Google peut-être. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on avance." Ils et elles espèrent ensuite trouver un local d’au moins 500m2 à Paris ou en banlieue parisienne "pour démarrer".

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Toujours auprès de TÊTU, le collectif estime que la Maison des cultures LGBTQI+ voulue par la Mairie "ne correspond pas aux besoins de la communauté" et dénonce une "opération de communication à l'approche des municipales". Un argument que rétorque avec force le principal intéressé.

"Accuser la mairie de Paris de pinkwashing est grotesque, soupire Emmanuel Grégoire. Nous relayons les demandes des associations et nous les mettons en oeuvre. Ce local est essentiel pour les associations." Tout le monde pourra en juger d'ici à janvier prochain.

Crédit photos : Mairie de Paris/DR.