La polémique sur Le Slip français fait resurgir des propos homophobes de son fondateur

En pleine polémique sur les comportements racistes d'employés du Slip français, des propos homophobes de son fondateur dans un reportage en 2013 ont été déterrés. Contacté par TÊTU, Guillaume Gibault présente ses excuses pour cette déclaration qui "ne reflète en rien [ses] valeurs".

C'est une vidéo qui a beaucoup tourné et suscité l'indignation ce week-end sur les réseaux sociaux. Révélée par le compte Instagram "Décolonisons-nous", elle montre des employés du Slip français grimés en noir - ce que les Américains appellent "blackface" - imitant un singe ou écoutant Saga Africa. De nombreux internautes ont aussitôt appelé au boycott de l'entreprise - l'appel au boycott est, rappelons-le, interdit en France - et au licenciement des employés accusés de racisme.

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La vidéo postée sur Instagram a été vue plus de 153 000 fois et a été abondamment partagée sur d'autres réseaux sociaux comme Twitter. Le Slip français, créé en 2011, emploie aujourd'hui 115 personnes. La diversité de couleur de peau est fréquemment mise en avant dans ses campagnes publicitaires. Vendredi 3 janvier vers midi, peu de temps après la publication de la vidéo, l'entreprise a réagi avec un communiqué officiel posté sur son compte Twitter : "Nous sommes choqués et nous condamnons fermement ces actes", est-il écrit.

"C'est pas des petits pédés"

Le Slip français indique également que les deux employés accusés de racisme ont été "convoqués et sanctionnés" - ils ont été mis à pied, pour être précis. "Si l'entreprise n'est pas légalement responsable des agissements de ses salariés en dehors du contexte professionnel, nous considérons que nous avons cependant une responsabilité morale face à ces comportements racistes et discriminatoires qui sont aux antipodes de nos valeurs", développe un second communiqué publié plus tard le même jour. Et d'ajouter qu'un contact a été pris avec l'association SOS Racisme pour sensibiliser les salariés. Pour autant, cette réactivité n'aura pas - tout à fait - réussi à éteindre la polémique.

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Le compte Twitter de "Claire Underwood" (@ParisPasRose) a en effet déterré une vidéo du JT de France 2 qui remonte à 2013. On y voit Guillaume Gibault, le fondateur de la marque made in France, montrer à la caméra un numéro des Échos qui le nomme parmi les "personnalités prometteuses". Par la suite, en découvrant les autres personnes citées dans le classement, il commente : "C'est pas des petits pédés !" En 2014, le rapport annuel de SOS homophobie avait cité la séquence comme exemple d' "homophobie ordinaire". Comme avec la couleur de peau, l'entreprise a utilisé par le passé l'homoérotisme dans ses pubs pour promouvoir la marque auprès de la population homosexuelle. Ainsi, en 2012, le même Guillaume Gibault se réjouissait dans Le Point que le slip produit par son entreprise soit "plébiscité par la population gay, généralement précurseur en matière de mode".

Contacté par TÊTU, Guillaume Gibault revient sur cette déclaration : "J'ai parfaitement conscience du caractère totalement déplacé de ces propos, qui ne doivent absolument pas être banalisés. Je m'en suis excusé et je m'en excuse à nouveau auprès de tous ceux que ça a pu blesser, je les regrette et ça ne reflète en rien mes valeurs. Je suis désolé pour ceux qui ont pu les entendre à l'époque ou ceux qui les découvrent aujourd'hui."

 

Crédit photo : Le Slip français


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