couleurs gaiesÀ Metz, la plaque en hommage aux héroïnes de Stonewall vandalisée

Par Timothée de Rauglaudre le 20/02/2020
metz

Alors qu'une plaque devait être inaugurée à Metz au nom de deux figures des émeutes de Stonewall, deux étiquettes violemment homophobes y ont été retrouvées par des militants LGBT+.

C'était une première en France - et dans le monde. Mercredi 19 février devait être inaugurée à Metz une plaque commémorative au nom de deux héroïnes des émeutes de Stonewall, Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera, comme l'a décidé la mairie en avril 2019. Mais dans la matinée, un incident est venu entacher ce moment historique. En arrivant devant la plaque, érigée dans les jardins des deux activistes transgenres, non loin de la Moselle, des militants de l'association LGBT+ messine Couleurs Gaies y découvrent deux autocollants homophobes.

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Les deux étiquettes vertes, qui imitent la forme de la plaque elle-même, utilisent un vocabulaire d'une grande violence qui rappelle le lexique de certains groupes d'extrême droite, en dénonçant les "adorateurs du marxisme", les "pratiquants du sexe anal" ainsi qu'un "broutage de gazon entre mondialistes cosmopolites et l'électorat du lobby de l'amour anal".

Plainte de la mairie

"Ça fait un moment qu’à Metz tournent des autocollants "anti-LGBT", explique à TÊTU Stéphanie, Lipaux ex-vice-présidente de Couleurs Gaies. On en trouve en ville et surtout aux abords des actions menées par Couleurs Gaies. Même si ceux d’hier sont particulièrement violents, on soupçonne que ce soient les mêmes individus ou le même individu qui en sont responsables. Mais ce ne sont que des suppositions."

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L'inauguration a quand même eu lieu dans l'après-midi, en présence de nombreux candidats aux municipales. "On a décidé de maintenir la cérémonie et de laisser les autocollants afin de montrer que les problèmes d’homophobie sont une réalité à Metz, a développé auprès de 20 Minutes Matthieu Gation-Bachette, le président de Couleurs Gaies. S’attaquer à un symbole comme ça ce jour-là, c’est un acharnement qu’on ne comprend pas. C’est inadmissible." La mairie de Metz a annoncé son intention de porter plainte.

 

Crédit photo : Compte Twitter de Stéphanie Lipaux