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L’Ouganda profite du coronavirus pour arrêter des jeunes LGBT+

Une vingtaine de résidents d'un foyer de jeunes LGBT+ à côté de Kampala, la capitale de l'Ouganda, ont été arrêtés sous prétexte de lutte contre le coronavirus.

Rien ne semble pouvoir arrêter la croisade homophobe en Ouganda, pas même une pandémie mondiale. Dimanche 29 mars, d'après un communiqué de l'organisation Human Rights Awareness and Promotion Forum publié sur le site d'information LGBT+ Kuchu Times, un refuge pour jeunes LGBT+ de la Children of the Sun Foundation, à Nsangi, dans la banlieue de la capitale Kampala, a été pris d'assaut par par un groupe "d’autodéfense" sous les ordres du maire de la commune.

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Vingt-trois résidents du foyer ont été arrêtés, dont au moins deux ont été frappés. Le prétexte de leur arrestation, dans le contexte de la pandémie mondiale de Covid-19, est celui d'un "acte de négligence susceptible de propager une infection" et d'une "désobéissance aux ordres légaux". Des voisins du foyer sont à l'origine de la dénonciation. Le responsable de la Children of the Sun Foundation, ainsi qu'une infirmière, font partie des personnes arrêtées.

Peine de mort envisagée

Deux des mis en cause ont été libérés pour raisons médicales, ainsi que l'infirmière. Vingt personnes arrêtés ont été emprisonnées jusqu'à leur procès qui doit se tenir fin avril. D'après Human Rights Watch, la police applique les directives présidentielles qui demandent d'interdire les rassemblements de plus de dix personnes. Pourtant, aucune règle ne limite le nombre de personnes dans une résidence privée ou un foyer. À cause des mesures anti-coronavirus, les pensionnaires de la Children of the Sun Foundation ne peuvent recevoir de visite de leur avocat en prison.

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Lors de sa descente, la police a cherché des "preuves" de l'homosexualité des résidents. Des traitements contre le VIH, des kits d'autotest ou encore des préservatifs ont été saisis. En prison, dans un contexte de surpopulation, les personnes arrêtées sont plus exposées au Covid-19. "Si l'un d'entre eux tombe malade ou décède, les autorités ougandaises seront tenues pour responsables", prévient Human Rights Watch.

Dans ce pays d'Afrique de l'Est de 41 millions d'habitants, l'homosexualité est passible de prison. Le président de la République depuis 1986, Yoweri Museveni, encouragé par des missionnaires évangéliques américains, a continuellement essayé de durcir la répression, y compris en envisageant d'instaurer la peine de mort pour les "récidivistes".

 

Crédit photo : Alisdare Hickson/Flickr


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