LGBTQI+Un général ougandais assure que les LGBT sont proches d'une "organisation terroriste"

Par tetu le 07/10/2019
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Dans une interview, le général ougandais Elly Tumwine a estimé que le mouvement politique "People Power" était une "organisation terroriste, associée aux personnes LGBT+, qui donne de la drogue aux jeunes".

C'est une déclaration qui a fait bondir les associations LGBT+ d'Ouganda. Ce jeudi 2 octobre, un dirigeant ougandais, le général Elly Tumwine, a vivement critiqué le mouvement politique "People Power", représenté par le chanteur Bobi Wine. Ce musicien et député de 37 ans devrait se présenter contre le président actuel Yoweri Museveni aux élections présidentielles de 2021.

Un des symboles de ce mouvement est devenu le béret rouge. Mais cet emblème semble ne pas plaire du tout au gouvernement qui aurait, selon Out Magazine, interdit aux ougandais de le porter. Selon cette même source, ce béret aurait été répertorié comme "équipement militaire" et les contrevenants s'exposeraient même à de la prison.

"Il s'agit d'une tentative flagrante d'étouffer une menace efficace contre le statu quo autocratique", a de son côté réagi Bobi Wine.

La tension est montée d'un cran

Mais la tension est montée d'un cran encore jeudi 2 octobre après l'interview télévisée du général Elly Tumwine, l'un des plus hauts gradés de l'armée ougandaise et un membre du Parlement ougandais. Il aurait ainsi qualifié "People Power" d'"organisation terroriste".

"Elle est associée aux (personnes) LGBTQ+, à la crypto-monnaie et à des actions qui veulent briser l'ordre établi", aurait-il indiqué, toujours selon Out Magazine. Le journal ajoute que Tumwine a également accusé le mouvement politique de "donner de la drogue aux jeunes".

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Des remarques unanimement condamnées par les associations LGBT+ ougandaises. "Ces commentaires mettent en danger notre communauté qui fait déjà face à la persécution et la violence de l'Ouganda", a déclaré à Out Magazine Edwin Sesange, membre de la Fondation africaine pour l'égalité.

Des polémiques dans le passé

Mais Bobi Wine s'est également attiré quelques polémiques. Plusieurs médias britanniques, dont The Guardian, assurent que dans une de ses chansons, le chanteur appelait ses fans à "brûler tous les gays". Mais, de son propre aveu, Bobi Wine aurait depuis évolué sur la question.

"Dans ma vie, j'ai été en désaccord avec beaucoup de gens (...) nos opinions divergent quant aux préférences sexuelles.., a-t-il écrit en 2016 dans un post FacebookCela ne signifie toutefois pas qu’un individu est supérieur ou inférieur à un autre (...) abordons chaque sujet avec respect les uns envers les autres. Remplaçons la violence par la tolérance."

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L’homophobie est monnaie courante en Ouganda, où les relations dites "contre nature" sont passibles de la détention à perpétuité depuis une loi datant de la colonisation britannique.

En septembre dernier, un festival de musique électronique, accusé d'être "proche de la vénération du diable", avait été interdit par les autorités ce mardi 4 septembre. La raison car il faisait "la promotion du sexe et de l’homosexualité".

Crédit photo : Facebook/Gen Elly Tumwine