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Ce médicament anti-VIH, testé contre le coronavirus, fait l’objet d’un « marché noir » en Russie

En Russie, le Kaletra, antiviral utilisé contre le VIH, est testé contre le coronavirus. Certains revendeurs en ont profité pour créer un "marché noir" qui inquiète les militants.

D'après l'agence Reuters, qui s'appuie sur les informations de vendeurs, de militants anti-VIH et du principal fabricant russe du traitement, l'utilisation croissante du Kaletra, médicament antiviral, testé en automédication et en essais cliniques contre le Covid-19, a engendré un "marché noir en Russie". Cet antiviral, ainsi que son générique, le Kalidavir, avaient été recommandés fin janvier par le ministère russe de la Santé dans le cadre d'essais cliniques contre le coronavirus, qui n'ont démontré pour le moment aucun bénéfice thérapeutique.

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Certains ont alors commencé à spéculer sur une pénurie du traitement. "Il y a trois mois, les gens nous achetaient le Kaletra sans grand enthousiasme pour 900 roubles (11 euros) la boîte, témoigne un vendeur en ligne de médicaments contre le VIH auprès de Reuters. Anticipant les ruptures (d'approvisionnement), les gens nous achètent à présent entre 100 et 700 boîtes, à 3.800 roubles l'unité."

"Ils sont prêts à tout acheter"

Certaines personnes séropositives s'inquiètent d'une possible pénurie. Le Kaletra, comme de nombreux autres traitements sur ordonnance contre le VIH, est acheté en Russie par les pouvoirs publics et distribué gratuitement aux patients infectés. Mais certains s'approvisionnent directement en pharmacie, ou bien optent pour le secteur privé plutôt que pour le circuit étatique par souci de confidentialité.

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Le directeur de la H-Clinic de Saint-Pétersbourg, spécialisé dans les maladies infectieuses, raconte à l'agence de presse britannique que sa pharmacie a reçu ces dernières semaines jusqu'à 120 appels par jour de patients atteints du VIH à la recherche du précieux médicament, dont le stock a été épuisé. Alexeï, un militant de la lutte contre le sida, raconte que des spéculateurs tentent même d'acheter le Kaletra à des patients atteints du VIH, pour 3.000 roubles la boîte. "Ce sont des revendeurs et des intermédiaires (...) Ils sont prêts à tout acheter, jusqu'à la dernière boîte."

 

Crédit photo : moroccanmary/Flickr


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