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Jeunes LGBT+ en détresse : 72 députés demandent des « éclaircissements » à Marlène Schiappa

Après le plan d'urgence annoncé par Marlène Schiappa, des députés l'interpellent à nouveau pour demander des "éclaircissements" et font cinq propositions.

Ils étaient une cinquantaine à signer la première lettre, vendredi 10 avril, à l'initiative de la députée LREM de la Manche. Dans une nouvelle lettre, datée du mercredi 6 mai, Sonia Krimi et 71 autres députés de tout bord politique commencent par saluer le plan d'urgence pour les jeunes LGBT+ annoncé vendredi 24 avril dans Libération par la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes et à la Luttes contre les discriminations Marlène Schiappa.

"Nous nous félicitions que, suite à l'appel collectif des députés, relayant le cri d'alarme des associations et des collectivités territoriales, vous ayez annoncé la mise en place d'un plan d'urgence visant à porter assistance aux jeunes LGBT+ victimes de violences intrafamiliales pendant la période de confinement", écrivent les élus de la Nation. Sonia Krimi avait d'abord été alertée sur la situation par d'un jeune homme dans le sud de Lyon, confiné avec son père qui l'avait obligé à se masturber devant du porno hétéro.

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Cependant, d'après les députés, les annonces de la secrétaire d'État demandent encore des "éclaircissements" sur le "pilotage opérationnel de ce plan pour accompagner sa mise en œuvre dans les territoires". Ils remarquent ainsi que, si la ligne d'écoute de SOS homophobie a été remise en service, elle ne correspond pas à leurs attentes d'un 3919 élargi aux personnes LGBT+ puisque qu'elle "n'assure pas un rôle d'accompagnement et d'orientation des victimes".

"Trésorerie modeste"

"Si le plan d'hébergement des jeunes LGBT+ a vocation à s'appuyer sur une prise en charge des signalements au niveau national, il est indispensable d'accompagner grâce au soutien financier de l'État, la professionnalisation d'un opérateur au niveau national visant à offrir un service d'écoute et d'orientation des victimes vers des relais locaux de prise en charge", estiment les parlementaires. Ceux-ci s'interrogent également sur la mention de la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr, qui s'adresse aux femmes victimes de violences et qui n'a pas pour l'instant intégré d' "onglets spécifiques" ni de formation pour les forces de l'ordre chargées de traiter les signalements.

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Quant à la question de l'hébergement d'urgence, cœur du problème, les députés questionnent le plan d'urgence de Marlène Schiappa demande aux associations de le financer sur leurs "fonds propres" : "Or, cette condition méconnaît les spécificités du tissu associatif dédié aux droits LGBT+ en France, qui s'appuie sur un réseau d'associations locales qui disposent d'une trésorerie modeste." Le risque serait donc de limiter le "conventionnement" à de grosses associations comme Le Refuge, qui n'est pas présente partout sur le territoire. Les députés terminent leur lettre par cinq propositions dont la dernière invite à "créer un cadre juridique interdisant explicitement les thérapies de conversion".

 

Crédit photo : Nantilus/Wikimedia Commons


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