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« Thérapies de conversion » : Marlène Schiappa demande un audit au gendarme des sectes

Thérapies de conversion : Marlène Schiappa demande un rapport au gendarme des sectes

INFO TÊTU - La ministre en charge de la Citoyenneté a chargé la Miviludes, organe de surveillance des dérives sectaire, de publier un rapport sur les "thérapies de conversion". Marlène Schiappa demande des "propositions opérationnelles" pour lutter contre cette pratique.

Parlementaires, militants et observateurs de la vie politique sont d'accord sur un sujet : la proposition de loi visant à interdire les pseudo "thérapies de conversion" ne sera pas adoptée avant la fin du quinquennat. En attendant, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa annonce ce vendredi 10 septembre à TÊTU avoir demandé un rapport auprès de l'organe chargé de surveiller les dérives sectaires. La Miviludes (pour Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) a un mois pour rendre sa copie.

"Face aux enjeux de droit, de dignité et de santé que posent ces pratiques, je vous demande aujourd'hui de conduire une mission dédiée au pratiques de thérapies de conversion des personnes LGBT par des tiers (thérapeute, exorciste, médecin, ...), entité (associations, ...) et groupes religieux (groupe de prière, diocèse, ...), qui visent à les 'guérir' de leur orientation sexuelle, romantique ou de leur identité de genre", écrit la ministre dans un courrier que TÊTU s'est procuré.

"Quantifier le phénomène"

Il s'agit pour Marlène Schiappa "d'expliciter, d'exemplifier et de quantifier le phénomène". La ministre réclame également des "propositions opérationnelles pour parfaire les moyens de lutte mis en place contre ces phénomènes". Contacté par TÊTU, le ministère en charge de l'Égalité ne semblait pas informé de l'initiative. "Nous continuons la sensibilisation, en allant à la rencontre des victimes, et sommes attentifs à ne rien laisser passer en signalant notamment des cas à Olivier Veran (le ministre de la Santé, ndlr)", indique-t-on côté Égalité. D'autant qu'un rapport parlementaire issu d'une mission de trois mois dirigée par la députée ouvertement lesbienne Laurence Vanceunebrock (LREM) fait déjà un état des lieux depuis décembre 2019. Les parlementaires ont recensés une centaine de faits et l'association Le Refuge rapportait une dizaine d'appels par mois concernant des "thérapies de conversion".

La députée a par la suite rédigé une proposition de loi pour faire de ces "thérapies de conversion" un délit spécifique. Alors qu'il a été enregistré pour la première fois à l'Assemblée nationale le 2 juin 2020, le texte n'a pas trouvé de place dans l'agenda parlementaire. À la surprise de tous, Marlène Schiappa avait également annoncé que la fin des "thérapies de conversion" serait intégrée dans le projet de loi sur les séparatismes, une proposition démentie auprès de TÊTU par la ministre en charge de l'Égalité, Élisabeth Moreno le 25 juin dernier. Une circulaire – conspuée par les militants – a été publiée au Journal officiel pour notifier que "ces pratiques sont (déjà) strictement interdites dans notre pays". Les défenseurs des droits des personnes LGBTQI+ appellent à ce qu'un délit soit spécifiquement créé pour encourager les victimes à se reconnaître comme telles et à porter plainte.

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En Europe, Malte et l'Allemagne ont adopté des législations interdisant explicitement ces pratiques (pour les mineurs seulement). L'Espagne, la Belgique et les Pays-Bas ont engagé les démarches pour faire de même. Dans son plan pluriannuel pour combattre les LGBTphobies, la Commission européenne entend encourager les "bonnes pratiques" des États membres pour y mettre fin.

>> Lettre de mission Thérapies de conversion

Crédit photo : Pedro Lima / Unsplash


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