Déconfinement : peut-on reprendre les plans cul ?

Le déconfinement signifie-t-il que l’on peut reprendre le chemin des plans cul ? Pas sûr, et en tout cas, pas n’importe comment. Les conseils de Aides pour se protéger, et protéger les autres.

Après près de deux mois, la France est déconfinée. Mais pas sans restrictions. Le masque est désormais obligatoire dans les transports en commun (métro, bus, taxi, VTC, trains… avion) et à Paris, il faut se munir d’une attestation remplie par son employeur pour pouvoir se déplacer. Les commerces ont réouvert, à l’exception toutefois des cinémas, des théâtres, des bars, et autres lieux de convivialité.

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Mais les 55 jours qu’ont duré le confinement ont été une drôle d’aventure pour de nombreux Français, et de nombreuses personnes LGBT. Et notamment sur leur sexualité. Si certains ont eu la chance d’être confinés en couple, d’autres ont parfois rencontré l’amour sur les applications, repris les plans cams de leur adolescence, ou même organisé des orgies sur l’application de visioconférence Zoom. Mais le déconfinement est-il une porte ouverte à la reprise de notre sexualité habituelle ? L’association Aides a formulé une série de recommandations sur le sexe en temps de Covid-19, pour éviter de propager le virus, et bien sûr, pour éviter toute recrudescence des IST et des contaminations au VIH. Aurélien Beaucamp, le président de l’association, en a discuté avec TÊTU.

TÊTU : Le déconfinement signifie-t-il qu’on peut reprendre les plans culs  ?

Aurélien Beaucamp : C’est la responsabilité de chacun. Les personnes sont libres, et Aides n’est pas là pour juger ou contraindre qui que ce soit. Notre idée c’est vraiment de donner des clefs pour réduire au maximum les contaminations au covid-19, de donner des conseils pour réduire les risques.

Quels sont les principaux conseils à retenir ? 

D’abord, nous encourageons les personnes à favoriser la sexualité virtuelle, et l’utilisation de sex-toys, comme nous l’avions déjà recommandé pendant le confinement. C’est le meilleur moyen d’éviter la propagation de l’épidémie. Ensuite, il faut bien évidemment éviter tout rapport si l’on présente des symptômes du covid-19, comme la toux, la fièvre, ou des problèmes respiratoires. N’hésitez pas à prendre une douche avant et après le plan, à vous laver bien les mains en arrivant chez votre partenaire, et à nettoyer les poignées de portes, les draps ou les robinets après le passage de votre rendez-vous. Il faut aussi limiter le nombre de partenaires.

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Ce qui exclut donc les partouzes et autres amusements à plusieurs ?

Il faut les éviter le plus  possible, oui. Avoir un partenaire unique est aujourd’hui le meilleur moyen d’endiguer l’épidémie que nous connaissons. Nous recommandons également d’échanger son numéro avec celui de son partenaire, pour pouvoir le tenir au courant si l’on en venait à développer des symptômes de la maladie. Aujourd’hui même si on est testé positif, qu’on été malade ou porteurs de la maladie, ça ne donne pas un passeport qui empêche d’être réinfecté. Ce n’est pour autant pas une raison pour stigmatiser les personnes qui ont le Covid-19, et nous tenons à rappeler que comme pour le VIH ou les IST, c’est une discrimination qui est condamnable légalement.

Doit-on porter un masque pendant le rapport sexuel ?  

On sait que c’est difficile bien évidemment, mais nous encourageons effectivement les personnes à porter un masque pendant le rapport sexuel quand la pratique le permet. Il faut en tout cas tâcher de limiter le plus possible les baisers pendant cette période. Il faut également éviter de lubrifier avec la salive, car elle est hautement contaminante. Pour ce qui est des fellations, des anulingus ou des cunnilingus pour les lesbiennes, nous recommandons vivement l’utilisation du préservatif, ou d’un carré de latex découpé dans celui-ci, autant pour le Covid-19 que pour les IST et le VIH.

Craignez-vous une augmentation des maladies sexuellement transmissibles ou des contaminations au VIH en cette période ? 

Je ne crois pas. Au contraire, nous savons que pendant ces deux mois de confinement, les Français ont limité les rencontres, et c’est peut-être une bonne occasion pour briser la chaîne de transmission du VIH. C’est pourquoi nous encourageons vivement, avant de reprendre une activité sexuelle avec de nouveaux partenaires, de se faire dépister aux MST et IST. Nous avons lancé en ce sens l’opération « Teste-toi avant le sexe », pour permettre à chacun-e d’accéder au dépistage avant de reprendre une sexualité ordinaire.

On craint en revanche que des fonds attribués à la lutte contre le VIH soit amoindris, sur des programmes de recherche ou de prévention, justement dans un moment où on peut mettre fin à l’épidémie. C’est là qu’il faut mettre le paquet, et ne pas opposer les pathologies, comme ça a pu être le cas par le passé.

Retrouvez toutes les recommandations de Aides sur leur site internet.

 

 

 

 

Crédit photo : Unsplash 


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