Black Lives Matter : sous la pression, Grindr supprime son filtre ethnique

Alors qu’un mouvement contre les violences policières fait rage aux États-Unis, Grindr a décidé de supprimer son filtre d’ethnicité, très critiqué, pour lutter contre le racisme.

« Nous ne serons pas silencieux, et nous ne serons pas inactifs. » Dans un communiqué publié lundi 1er juin, Grindr, l’application star des rencontres gays, a annoncé la suppression prochaine de son filtre d’appartenance ethnique. Le motif évoqué est double : des retours d’utilisateurs, et un soutien au mouvement Black Lives Matter, qui se mobilise actuellement aux États-Unis après le meurtre de George Floyd, un homme noir de 46 ans, par un policier à Minneapolis. En mars, l’application avait été rachetée à l’entreprise chinoise Kunlun par le consortium d’investisseurs américains San Vicente Acquisition.

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« Nous continuerons de lutter contre le racisme sur Grindr, à la fois par le dialogue avec notre communauté et une politique de tolérance zéro envers le racisme et les discours de haine sur notre plateforme, a précisé l’entreprise dans son communiqué. Dans le cadre de cet engagement, et en s’appuyant sur vos commentaires, nous avons décidé de supprimer le filtre ethnique de notre prochaine version. » Dans le même temps, Grindr a annoncé des donations à Black Lives Matter ainsi qu’à l’organisation trans noire Marsha P. Johnson Institute, incitant d’autres à « en faire de même si vous le pouvez« .

Plainte pour discrimination raciale

Actuellement, Grindr permet de renseigner son « ethnicité » sur son profil : blanc, noir, latino, asiatique ou encore « homme du Moyen-Orient« . En version premium, les utilisateurs peuvent même filtrer les profils qui s’affichent sur leur application en fonction de divers critères dont ladite ethnicité. Ce filtre a concentré de nombreuses critiques. En 2018, Sinakhone Keodara, un homme gay américain d’origine laotienne, fatigué des « pas d’Asiatiques« , avait poursuivi Grindr en justice pour discrimination raciale, demandant par ailleurs le retrait du filtre.

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La même année, des chercheurs de l’université américains Cornell avaient estimé dans une étude que les filtres ethniques sur les applications de rencontres renforçaient les « divisions et biais raciaux« . « Il est de notre responsabilité de dénoncer la haine et la violence auxquelles une partie si vitale de notre communauté continue de faire face, a encore affirmé Grindr dans son communiqué. La Pride de cette année a une responsabilité supplémentaire, un ton décalé et une nouvelle priorité qui se reflétera dans notre programmation : soutien et solidarité pour les personnes queers de couleur et le mouvement #BlackLivesMatter. »

 

Crédit photo : Lorie Shaull/Flickr


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