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Un journaliste noir et gay arrêté pour avoir photographié les manifestations Black Lives Matter

Le journaliste de CNN Keith Boykin a été interpellé en marge d'une manifestation Black Lives Matter à New York. Selon son témoignage, il ne "faisait rien" à part son travail.

Les États-Unis sont sous le choc. La mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans à Minneapolis, étranglé par un policier blanc la semaine dernière, a déclenché un vaste mouvement de protestation aux États-Unis et de nombreuses réactions partout dans le monde. Des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses villes des États-Unis, de Los Angeles a New York, mais également à Londres, Toronto, Montréal.

Et c'est à l'occasion d'un rassemblement à New York, samedi 29 juin dernier, que Keith Boykin, un journaliste et commentateur politique de CNN a été arrêté par la police. Dans une interview accordée à son média, il a expliqué qu'il ne "faisait rien", à part prendre des photos de la manifestation, "particulièrement pacifique" dans le quartier de Harlem. Selon lui, il "exerçait le droit au journalisme que lui accorde le premier amendement" de la Constitution américaine quand il a été arrêté sans motif, après avoir déclaré aux policiers être journaliste.

Incarcération

"La police est arrivée, et a dit qu'elle allait arrêter des gens. J'ai répondu que j'étais journaliste. Ils ont alors continué leur chemin, mais se sont retournés presque immédiatement et m'ont arrêté. J'ai demandé pourquoi, ils m'ont répondu que je bloquais l'autoroute." Mais pour le reporter, ce sont "la police et les manifestants [qui] bloquaient la route. Moi, je ne faisais que documenter ce qui était en train de se passer."

"Ils auraient juste pu me dire 'Vous devez dégager de l'autoroute, sinon on vous arrête', mais ils ne se sont pas donné la peine de faire ça. Ils m'ont juste arrêté. La police a trop de pouvoir", a-t-il continué. Il a également raconté avoir été détenu pendant six heures dans une cellule avec 35 autres personnes, dont "seulement la moitié portait des masques" et avec "aucune possibilité de distanciation sociale", alors que les règles de distanciation sociale à cause de l'épidémie de Covid-19 sont encore en vigueur aux États-Unis, comme en France.

Une dizaine de journalistes américains ont rapporté avoir été harcelés, arrêtés ou attaqués par la police alors qu'ils couvraient les manifestations dans tout le pays.  L'un d'entre eux, Omar Jimenez, a été arrêté en plein direct à Minneapolis, et une photojournaliste, Linda Tirado, a été éborgnée par un tir de flashball.

Mobilisation mondiale

Plusieurs émeutes ont éclaté dans le pays à la suite des manifestations contre le racisme, entraînant de nombreuses échauffourées entre les manifestants et la police. Dans plusieurs grandes villes du pays, des couvre-feux ont été instaurés, et Donald Trump a brandi hier la menace d'un déploiement de l'armée sur tout le territoire, provoquant de nombreuses réactions d'opposition, et une levée de boucliers mondiale.

Et notamment en France, où le sujet des violences policières a fait son grand retour dans l'actualité, alors que la chanteuse Camélia Jordana a déclaré sur le plateau d'On n'est pas couché avoir peur de la police. Après l'assassinat de George Floyd, de nombreux citoyens se sont également mobilisés, et ravivé le souvenir d'Adama Traoré, un jeune homme de 24 ans, mort en garde à vue le 19 juillet 2016. Un rassemblement est d'ailleurs prévu mardi soir à Paris, réclamant la justice pour Adama Traoré, ainsi que pour George Floyd. Aujourd'hui, de nombreux internautes ont posté sur leurs réseaux sociaux des photos entièrement noires avec le hashtag #BlackOutTuesday, en signe de solidarité.

A LIRE AUSSI : Comme Camélia Jordana, les personnes LGBT aussi ont peur devant la police 

Crédit : Capture Youtube / CNN


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