homophobiePrison avec sursis requise contre les étudiants qui ont perturbé une manif contre l'homophobie en Vendée

Par Timothée de Rauglaudre le 12/06/2020
vendée

Ils avaient pris à partie un stand LGBT+ en chantant "Homofolie, ça suffit !" en mai 2019. Une peine de prison avec sursis a été requise en appel contre les étudiants de l'ICES à La Roche-sur-Yon (Vendée).

Douze étudiants comparaissent mercredi 10 juin en appel devant le tribunal de Poitiers pour avoir perturbé une manifestation contre l'homophobie le 18 mai 2019 à La Roche-sur-Yon (Vendée). L’avocat général a requis des peines deux mois de prison avec sursis pour délits d’injure en raison de l’orientation sexuelle et entrave au droit de manifester, nous apprend Ouest-France. Il a également requis 240 heures de travail d’intérêt général à l’encontre de deux prévenus et une centaine d’heures pour les autres.

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L'avocat Benoît Fleury, qui défend neuf des prévenus, a décrit au quotidien régional "une ambiance nettement plus apaisée qu’en première instance. Les prévenus se sont excusés, sur le plan moral uniquement, car on considère toujours qu’il n’y a pas d’infraction." En première instance, en septembre dernier, les étudiants avaient été reconnus coupables de délit d'entrave au droit de manifester. Cinq d'entre eux avaient été condamnés à des peines de prison avec sursis et des heures de travaux d'intérêt général. L'injure homophobe n'avait pas été retenue.

"Homofolie, ça suffit !"

Les faits s'étaient déroulés l'an dernier, au lendemain de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Face à un stand LGBT+ installé sur la place Napoléon, une vingtaine de jeunes déterminés à le saccager, avaient crié "Homofolie, ça suffit !" et volé un drapeau arc-en-ciel qu'ils avaient partiellement brûlé. Les jeunes étaient étudiants à l'Institut catholique d'études supérieures (ICES), un établissement fondé notamment par l'homme politique d'extrême droite Philippe de Villiers, alors président du conseil général de Vendée, en 1990, et reconnu par le Vatican. Trois des étudiants avaient par la suite été exclus de l'école.

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À la suite de la décision en première instance, les étudiants avaient fait appel, ainsi que le parquet et les quatre associations qui se sont constituées parties civiles : LGBT85, Aides, le Planning familial 85 et Trans Inter Action. "Quel que soit le résultat, c’est navrant de voir des jeunes imbriqués dans des combats rétrogrades, et qui les manifestent de manière totalement inappropriée", a déclaré à Ouest-France Michel Navion, l'avocat des associations. Celui-ci indique en outre que les peines requises ont été moins sévères qu'en première instance, dans un "souci d'apaisement". La cour d'appel rendra sa décision le 1er juillet.

 

Crédit photo : Centre LGBT de Vendée