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InfluenceurSparkDise : « J'espère qu’un jour, on aura plus besoin de faire de coming-out »

Par Elodie Hervé le 22/06/2020
SparkDise

20 ans et déjà cinq ans d’expérience sur YouTube. À ses 472.000 abonnés, SparkDise parle people, histoire, et vie personnelle. En juin 2018, ce proche de Bilal Hassani avait publié une vidéo pour faire son coming-out. Depuis, le ton a changé et ses sujets de prédilection aussi. Il revient sur son parcours pour TÊTU.

>> Retrouvez SparkDise dans la vidéo Fier.e.s et TÊTU, réalisée pour le mois des Fiertés 

TÊTU : Depuis ton coming-out en 2018, tes vidéos ont énormément changé. Pourquoi ?

À la base, je faisais des vidéos sur les peoples. Surtout, parce que je n’avais pas assez confiance en moi pour parler de moi. Et parce que c'est une passion aussi tout simplement. J'ai ensuite eu la chance d'entrer dans un groupe d'amis qui m'ont très vite mis à l'aise, dont Bilal Hassani fait partie et qui est depuis devenu mon meilleur pote. Grâce à eux, j'ai réussi à m'ouvrir. Et après avoir fait mon coming-out à ma famille, mes amis et à ma communauté, ça a été le déclic. C'était en juin 2018. Les retours des gens ont été super. Hyper bienveillant, ça m'a fait du bien. Et grâce à ça, j'ai réussi à m'ouvrir. À être moi-même à 100 %. Plus authentique et je pense que ça s'est vu. Donc oui, mes vidéos ont changé à ce moment-là. 

LIRE : Le youtubeur SparkDise nous raconte son coming out

Depuis, tu fais beaucoup de vidéos personnelles. C’est un passage obligé quand on est youtubeur ?

J'espère qu'un jour, on aura plus besoin de faire de coming-out. Moi, je l'ai fait publiquement parce que je me suis dit, je sais que ça va inspirer les gens qui me suivent. Derrière, l’objectif, c'est de dire que justement chacun fait sa vie sans préjugés de genre. Si demain un hétéro cis mec veut mettre du vernis, en vrai pourquoi ça poserait problème ? Du coup, à travers, ces vidéos face cam où je raconte ma vie, je parle de sujets importants pour moi. Je me dis que c'est un peu mon rôle d’accompagner ma communauté sur ces sujets qui me tiennent à cœur. S'assumer, croire en ses rêves et se dire que la différence est une force. Je représente une génération qui refuse d'entrer dans une case et qui kiffe sa vie. Et comme on est de plus en plus à s'assumer, c'est vraiment top ! 

Tu as aussi développé un concept de storytimes historique. À la base, c’est une façon pour les youtubeurs de revenir sur un moment intime de leur vie, face cam. Pourquoi avoir réutilisé ce concept avec des personnes comme Jules César ou Jeanne d’Arc ? 

Ah oui les storytimes ! C'est un concept que j'avais vu un peu sur les réseaux. À la base, ce sont des gens qui s'amusent à le faire. C’est un concept qui fonctionne très bien. Et je me suis dit pourquoi ne pas reprendre ce concept, mais avec un vrai travail derrière. Du coup, oui, j'ai raconté les vies de personnages historiques comme Jules César, mais en mode super cool et humoristique. Ma communauté a grandi avec moi, et aujourd'hui, je suis suivi par des collégiens et des plus jeunes encore. Donc l'idée de ces storytimes, c'était de leur faire un peu plus kiffer les cours d'histoire. Genre, les cours que l’on a en collège ou lycée ne sont pas forcément très fun et très accessibles. À travers ce concept, l’idée c’est que les plus jeunes s’intéressent un peu à ses moments d’histoire et si après ils vont faire des recherches de leur côté pour approfondir leur connaissance, j’aurai réussi quelque chose !

 

Tu dis souvent que Bilal Hassani est ton meilleur ami. Comment vous vous êtes rencontrés ?

On s'est rencontré sur les réseaux sociaux. On avait un ami d'ami en commun. Tout simplement. Au tout début, j'avais peur de Bilal. Genre vraiment. Puis, j'ai appris à le connaître et j'ai découvert qu'il est extraordinaire. On parle de tout. De musique, de danse. C'est avec lui que je passe aussi mes meilleures soirées pyjamas. C'est lui qui m'a fait me sentir confiant. C'est lui qui m'a montré que c'était normal d'être différent. D'avoir une figure comme Bilal au quotidien, c'est vraiment whoua ! 

Maintenant que tu as été opéré de ton problème au nez, que tu as repris les cours de chants... À quand un duo tous les deux ?

Acquérir la technique prend du temps. Déjà, il fallait que je reprenne confiance en moi, et maintenant, j'attends de bien savoir chanter avant de me lancer. Ça me passionne depuis que je suis tout petit le chant. Mais je ne veux pas que l'on dise "c'est un énième Youtubeur qui veut se lancer dans la chanson". Donc, d'abord, j'apprends les techniques de chants. C'est un projet sur du long terme. En vrai, on s’en est vaguement parlé. Pour l’instant, c’est un vague projet. Le jour où ça se fera, il faudra que ça soit parfait. On est perfectionnistes tous les deux donc ça va prendre du temps... Mais un jour, on le fera. 

Et en attendant ce duo, quels sont tes projets ?

J'ai écrit une série avec une amie qui raconte la jeunesse dorée parisienne. Ça avance bien. On travaille dessus avec une boite de prod et l'idée, c'est de la vendre aux plateformes de streaming. Les tournages commencent à reprendre donc c'est cool. À côté, j'ai lancé une télé-réalité sur ma chaîne YouTube, les Turners. Le concept, c'est de sortir les influenceurs de leur zone de confort. Et là, on va tourner la saison 2. Avec un plus gros casting. Et un plus gros budget aussi. 

Franchement, ça fait cinq ans que je fais ça, que je suis là. Et aujourd'hui, wesh, je peux en vivre très bien ! Je me rends compte tous les jours de la chance que j'ai. Je me dis qu'à 20 ans, pouvoir voyager, recevoir des vêtements et être payé pour les porter, c'est cool ! Il y a plein de petits trucs qui font que c'est une vie de malade que j’ai aujourd'hui. Je vis sur Paris, je suis très indépendant. C’est un job à plein temps, très exigent. Mais quel bonheur d’en vivre  !

Aurais-tu un conseil à donner à celles et ceux qui veulent se lancer aujourd’hui sur YouTube ?

Un seul conseil : ne pas se mettre de limite à ses rêves, et avancer. Ce n’est pas parce que tu es Youtubeur que tu ne peux pas chanter. Ce n’est pas parce que tu es Français que tu ne peux pas toucher d’autres communautés à travers le monde. Les seules limites, ce sont celles que l’on se met. Et c’est tout ! (rires)