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Les séries françaises toujours à la traîne dans la représentation des personnes LGBT+

Malgré un progrès indéniable depuis une dizaine d'années, les séries françaises peinent toujours à représenter les personnes LGBT+. Les outils de mesure manquent et des clichés persistent.

Cet article est paru originellement dans le numéro 219 du magazine TÊTU. Pour le recevoir chez vous, profitez de nos offres d'abonnement ! 

Mars 2018. Pour la première fois, une fiction télévisée française, Plus belle la vie, met en scène un personnage d’homme transgenre. Fan du feuilleton de France 3, la mère d’Auguste, un jeune homme trans de 23 ans, lui téléphone après avoir vu l’épisode. "Je ne lui avais pas parlé de ma transition, mais elle s’en doutait, raconte le garçon. Elle a évoqué l’épisode et m’a demandé si je m’étais déjà posé des questions. Je lui ai dit que oui. Ça a tout déclenché." Pour Cassandra, 19 ans, c’est l’adaptation française de la série norvégienne Skam, diffusée sur France.tv Slash depuis 2018, qui l’a aidée à franchir le pas, en particulier le personnage de Lucas, un lycéen qui tombe amoureux de l’un de ses camarades. "Il a mis du temps à l’annoncer à son entourage, tout comme moi. Après avoir regardé la série, j’ai dit à mes meilleures amies que j’étais bisexuelle, raconte-t-elle. Avant, j’avais trop peur. J’ai vraiment pu m’accepter telle que je suis, et ça m’a permis de parler plus librement."

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Scénariste en chef de la série et lui-même homosexuel, Niels Rahou, 31 ans, se félicite du grand nombre de "retours positifs" qui ont suivi sa diffusion : "Beaucoup d’ados ont fait leur coming out grâce à ça, ont montré la série à leurs parents." Certains enseignants l’utilisent même pour aborder le sujet avec leurs élèves. "On fait aussi ce métier pour poser des questions, ouvrir des débats. J’aurais adoré regarder Skam France quand j’étais jeune et dans l’appréhension de ce que serait ma vie, souligne-t-il. La représentation permet de faire bouger les lignes et évoluer les mentalités." Le rôle des séries est d’autant plus crucial que leur nature périodique génère une "proximité émotionnelle", selon Arnaud Alessandrin, sociologue du genre et des discriminations, membre du conseil scientifique de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah)....


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