8 séries cultes et queers à binger confiné !

Quitte à rester chez soi autant se faire et plaisir et muscler sa culture queer ! TÊTU a compilé pour vous huit séries cultes joyeusement queer pour vous redonner le sourire. Du vintage, du camp, du pop, du mignon, du grave, du léger, que des classiques !

Parce qu'on sait qu'après cette première semaine de confinement, vous avez déjà bingé les nouvelles saisons d' "Elite", de "Sex Education" ou de "Will & Grace". Alors, avant de vous lanciez par désespoir dans des rediffs de "Camping Paradis", voici 8 séries cultes et queers à (re)découvrir d'urgence.

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"Une nounou d'enfer"

On a tous des vieux souvenirs de cette série culte diffusée sur M6. Pur produit de la génération sitcom des années 90 (la bonne hein, pas celle d’Hélène et les Garçons), Une Nounou d’Enfer jouait la romcom façon lutte des classes par la rencontre explosive entre Fran, ex-vendeuse du Bronx, et la famille huppée des Sheffield de Manhattan.

On avait gardé de la série un souvenir joyeux mais on se demandait si ça n’avait pas mal vieilli. Et bien pas du tout !

Redécouverte en version originale, la série – déjà très queer avec ses personnages outrés et son humour sassy à souhait – regorge soudain de clins d’œil directement adressés à la communauté gay et de répliques osées, souvent expurgés de la VF.

Fabuleuse jusqu’au bout des ongles, dans des tenues qui défient le bon goût, Fran Drescher mène la série à un rythme fou, empruntant son savoir-faire comique aussi bien à Lucille Ball qu’à Tex Avery. Outre un défilé de guest-stars assez incroyable (d’Elisabeth Taylor à Ray Charles, en passant par Bette Middler ou Céline Dion), la série possède peut-être la meilleure galerie de personnages secondaires, de Sylvia, mère juive carnivoire auinoubliables legging léopard, à Val la meilleure copine gentiment teubé ou l’incroyable Yetta, grand-mère kinky à souhait (notre role model à tous).

Et au sommet, au firmament de la vanne qui fait mouche, le duo sado-maso entre C.C. Babcock, l’associée énamourée de Maxwell, « friendzoné » comme jamais, et Niles le majordome sarcastique. Bref, old school mais vraiment, vraiment cool !

L’intégrale de la série « Une nounou d’enfer » est disponible sur Amazon Prime Video

"Please like me"

C’est une petite merveille de douceur, la série qu’on se refile tous comme un conseil d’ami. Portrait comique et délicat d’un coming-out, Please Like me nous glisse dans les pas peu assurés de Josh, jeune australien timide. Tandis qu’il tente de draguer et d’être heureux, le monde entier semble se détraquer autour de lui.

Profondément optimiste, sans être totalement neuneu, le show a bousculé les stéréotypes post « Queer as Folk » (autre série culte) des séries gays en posant son regard sur un mec lambda, un peu maladroit. Très drôle mais surtout très touchante, la série capte avec un regard tendre et incisif cette quête chaotique du bonheur peuplé de mecs trop beaux pour être honnêtes, de parents compliqués et d’amour fou.

Acteur, auteur et producteur, Josh Thomas impose avec cette série une écriture singulière, un sens de l’intime et de la comédie, aujourd’hui très à la mode. Alors qu’on attend encore que sa nouvelle création Everybody’s gonna be okay soit disponible en France (là aussi un petit bijou d’humour et de tendresse), se replonger dans les bonheurs et les douleurs de Please Like Me fait un bien fou !

« Please like me » est disponible en intégralité sur Netflix

"Looking"

Quoi ? Vous êtes passé à côté de « Looking » ? Petit ange gay parti bien trop vite à notre goût, la série d’Andrew Haigh ne ressemble à aucune autre. Peut-être parce qu’elle ne cherchait justement à raconter rien d’autres que le temps qui passe et le bordel des sentiments. Une bande de copains, San Francisco et puis la vie qui fait et défait les liens.

Politique quand il faut l’être, drôle souvent, la série manie le drame romantique à vous faire sortir la boîte de mouchoir. Surtout elle bénéficie d’une écriture rare qui saisit toutes les nuances du sentiment amoureux. On a très souvent envie de mettre sur pause pour noter les dialogues, des répliques pour les ressortir tout fier au moment opportun de nos vies.

Hyper sensuel dans sa vie mise en scène, abordant souvent la sexualité frontalement sans fausse pudeur ni voyeurisme, la série colle à l’époque et fait de ses personnages des figures complexes, agaçantes, touchantes, bouleversante, bref humaines, à l’image de Paddy (Jonathan Groff), héros maladroit qu’on a très souvent envie de consoler. La présence sexy de Russell Tovey (« Years and Years ») ne gâche évidemment rien au plaisir de cette grande série intime partie hélas au bout de deux petites saisons et un beau film de conclusion.

L’intégrale de « Looking » est disponible sur OCS GO et MyCanal

"Le Cœur a ses raisons"

Vous avez surement déjà vu passé des gifs, des memes et des extraits sans savoir peut-être que ça venait d’elle. Petit phénomène québécois à l’humour joyeusement camp, « Le cœur a ses raisons » est devenu culte par sa profusion de gags débiles. Parodie des soap de l’après midi, la série créé par Marc Labrèche use et abuse des musiques douteuses, des grimaces dramatiques et autre twist improbables propres au genre pour une douteuse histoire de rivalités familiales, d’amours interdits et autre jumeau cachés.

Ça n’a aucun sens et tant mieux. Multipliant les sketchs burlesques, les jeux de mots pourris, les fautes de langages et les running vannes épuisantes, la série vous oblige à lâcher prise et à vous laisser porter par ce grand n’importe quoi peuplé d’accent approximatifs, de perruques et de postiches.

Culte totale pour Criquette Rockwell, géniale Anne Dorval (que l’on retrouve dans les meilleurs Xavier Dolan) et la mystérieuse et méchante « Brrrenda » (Marc Labrèche). C’est con certes, mais qu’est-ce que c’est bon !

« Le Cœur a ses raison » est disponible en intégralité sur QueerScreen

"Buffy contre les vampires"

Culte pour toute la génération d’ado qui l’a découverte sur M6 lors de la légendaire « Trilogie du Samedi », mais également pour celles et ceux après qui l’ont dévoré ensuite en DVD, vous êtes peut-être passé à côté de « Buffy contre les Vampires ». On ne vous jette pas la pierre mais c’est le moment parfait pour plonger dedans.

Car revoir aujourd’hui cette saga teen-fantastique signée Joss Whedon, c’est se prendre une bonne leçon de féminisme, d’empouvoirement malin et d’inclusivité comme peu de séries l’ont fait depuis.

À la fois machine à frisson, comédie ado post-John Hughes peuplée de charmants « misfits », conte moral et précipité politique, l’odyssée de la tueuse de vampires de Sunnydale affronte tous les sujets, saute par-dessus les genres, les conventions et fait de ce monde pop le reflet et le pansement de toutes nos angoisses.

Outre la magnifique romance lesbienne qui debarque à la saison 4, la série distille sa touche queer par un humour très camp et des histoires d’amour hors normes, toutes plus belles les unes que les autres. Plus qu’une série, un monument de la pop culture.

L’intégrale de « Buffy contre les vampires » est disponible sur Prime Video

"Les Craquantes"

Difficile de faire plus culte que cette sitcom qui rappelle que l’âge n’empêche pas d’être cool. Bien avant « Sex and The City », « Les Craquantes » (« The golden girls », en VO) imagine une coloc où l’on parle de sexe, de drague, de désir pour mieux en rire.

Elles s’appellent Dorothy, Rose, Blanche et Sophia, elles ont vécu, elles ont aimé et elles ont décidé à ne pas se laisser vieillir dans un coin ! Hymne à la sororité, la série est aussi bitchy que tendre et enchaîne avec une technique folle les quiproquos comiques et les bonnes vannes. Bien plus moderne et juste que bon nombre de comédies actuelles, la série aborde tous les sujets, n’évite pas le drame ou la mélancolie et réussit toujours, assez miraculeusement, à nous faire rire.

Comme dans Friends, on reconnait forcément nos potes (et un peu de nous aussi) à travers ses quatre femmes fantastiques et leurs caractères contrastés. Elles sont fierce, « vénèr », gentiment à côté de la plaque ou carrément méchante et on les aime pour ça !

Si la série bénéficie aujourd’hui d’une patine vintage un peu kitsch (et encore…) elle n’a vraiment rien perdu de son mordant, de son audace et surtout de son humour tendre et vachard. Honnêtement, si on nous demande, nous, on voudrait être confinés avec ces quatre-là !

« Les craquantes », l’intégrale est disponible en dvd

"Six Feet Under"

Est-ce que c’est vraiment le moment de regarder Six Feet Under ? Ça dépend. Série mausolée, géniale et déchirante, l’œuvre culte d’Alan Ball remue et tape souvent là où ça fait mal. On vous prévient, ça risque de ne pas mettre toujours une super ambiance à la maison. Mais si, pendant ce temps chez vous, vous avez envie de découvrir un chef d’œuvre, alors foncez !

Portrait d’une famille de croque-morts, la série nous apprend à mourir pour mieux vivre. Tantôt tragique, tantôt absurde, cette mort au travail qui empoisonne la vie des trois enfants Fischer et de leur mère Ruth devient le cœur battant d’une série audacieuse, stylisée qui affronte pas mal de tabous.

« Six Feet Under » est une crise de nerf générale, un gigantesque pétage de plomb tout en noir qui convoque autant l’Eros que le Thanatos. Jubilatoire quand elle sait se faire grinçante, quand elle explose le portrait de la sacro-sainte famille, la série encaisse les coups durs, saute par-dessus les drames les plus violents avec une foi indéfectible en sa tribu blessée.

Grand personnage névrosé, David, le fils gay mal dans sa peau, (joué par l’impéccable Michael C Hall, que l’on retrouvera plus tard en serial killer dans « Dexter ») connaît ainsi petit à petit une trajectoire lumineuse, parsemée de zones d’ombres. Son histoire d’amour très compliquée avec Keith, flic noir et gay, est une des plus belles romances de l’histoire des séries.

On pleure beaucoup devant « Six Feet Under ». On est bousculé, agacé, ému par ces personnages qui galèrent, font souvent n’importe quoi, dérapent et même déconnent violemment. Mais ce temps passé avec eux à les regarder tenir debout, malgré tout, file une force zen pas négligeable en ce moment.

Six Feet Under, l’intégrale est disponible en dvd et sur mycanal

"Clara Sheller"

Vous vous souvenez de « Clara Sheller » ? Petite bulle de série pop et queer, on espérait que cette série française pas comme les autres allait donner des airs de révolution à la fiction française. Bon, quasiment quinze ans après, y’a du mieux mais ce n’est pas encore tout à fait ça. Alors pour se consoler, on se replonge avec un plaisir même pas coupable dans ce portrait flashy de la meilleure des filles à pédés.

Okay, l’ensemble a un peu vieilli et les intrigues rose-bonbons sonnent parfois un peu clichés. Mais il faut prendre « Clara Sheller » avec son temps et pour ce qu’elle est. Un roman-photo en série, souvent drôle, léger et romantique où tout le monde finit forcément par coucher ensemble.

Avouez que c’est un programme plutôt réjouissant non ? Surtout, c’est l’une des rares séries, encore aujourd’hui, à avoir parlé de la bisexualité, avec plus ou moins de tact certes, et à avoir imaginé d’autres types de famille à l’écran. Si en plus on vous dit qu’en saison une y’a le daddy Thierry Neuvic et, en saison deux, François sexy Vincentelli, voilà de bons arguments pour s’offrir une petite parenthèse de légèreté à la française.

« Clara Sheller », l’intégrale est disponible en dvd


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