facebook

Pour sa « Semaine des fiertés », Amnesty fait l’état des lieux des LGBTphobies dans le monde

Les personnes LGBT+ sont encore persécutées partout dans le monde. C'est ce qu'a voulu rappeler Amnesty International France dans une vidéo diffusée à l'occasion de la "Semaine des fiertés" qu'elle organise.

"Cette année, beaucoup de Marches des fiertés seront repoussées, mais il est toujours nécessaire d'agir." Pour le Mois des fiertés, Amnesty International France a diffusé mercredi 24 juin une vidéo qui rappelle la situation des personnes LGBT+ à travers le monde et nous invite à rester mobilisés malgré la crise du Covid-19. En effet, chaque année, Amnesty participe aux Pride partout en France. Cette année, celles-ci se retrouvent annulées pour des motifs sanitaires, alors que nous célébrons ce mois-ci les cinquante ans de la toute première Pride au monde, à New York en 1970, un an après les émeutes de Stonewall.

À LIRE AUSSI : Jim Fouratt, vétéran de Stonewall : « Nous avons un grave problème avec la police »

Un demi-siècle plus tard, beaucoup de pays persécutent encore les populations LGBT+. Ces persécutions peuvent parfois aller jusqu'à la torture et au meurtre, comme en Tchétchénie. Depuis les inquiétantes révélations en 2017 du journal russe Novaïa Gazeta, Amnesty a reçu de nombreux témoignages de personnes arrêtées, torturées, dénoncées par leur famille. "C'est encore important de se mobiliser, parce que les arrestations continuent, on en parle moins mais on sait que la situation continue", rappelle Sébastien Tüller, responsable de la commission LGBTI chez Amnesty International France. En outre, soixante-dix pays criminalisent encore l'homosexualité et, en Iran, en Mauritanie, en Arabie Saoudite, au Soudan, au Yémen ou aux Émirats arabes unis, celle-ci est passible de la peine de mort.

Une semaine "militante et festive"

La crise du Covid-19 n'a pas amélioré les choses, au contraire. Certains responsables politiques ou religieux ont parfois pris leurs concitoyens LGBT+ comme boucs émissaires de la pandémie, comme en Turquie par exemple. "Tous ces discours, préjugés, stéréotypes alimentent la haine et les actes de haine", explique le militant. Dans certains pays d'Amérique du Sud, le confinement différencié par genre a exposé les personnes transgenres et non binaires à un harcèlement des forces de l'ordre. En Ouganda, où un projet de loi régulièrement déposé depuis dix ans vise à condamner à mort les homosexuels, les autorités ont profité du coronavirus pour arrêter des personnes LGBT+ dans un refuge. Le gouvernement hongrois, lui, a saisi l'occasion pour limiter les droits des trans.

https://twitter.com/SebastienTULLER/status/1274636478237327361

À LIRE AUSSI : L’Ouganda profite du coronavirus pour arrêter des jeunes LGBT+

"Quand on parle des droits des personnes LGBTI, on parle des droits humains", souligne Sébastien Tüller. Face à ce sombre tableau, Amnesty International France organise depuis lundi une "Semaine des fiertés" qui se veut "militante et festive, ouverte à toutes et tous", avec divers événements en ligne, du 22 au 27 juin, de la diffusion de podcasts à une soirée de ciné-débat autour du film Indianara en passant par un quizz sur les questions LGBT+ ou une mobilisation pour la militante et artiste russe Youlia Tsvetkova, cible d'une campagne ouvertement homophobe depuis mars 2019. Ce samedi 27 juin, l'ONG clôturera cette semaine en participant à l'événement 100 % numérique organisé par notre magazine, "FIÈR.E.S & TÊTU". Sébastien Tüller participera à la conférence "Les luttes LGBTI en Europe" et la drag queen France Gaule portera les couleurs d’Amnesty pour animer la soirée Paillettes Party.


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail