Audrey Tang, la première ministre transgenre de la planète, est une rock star à Taïwan

Audrey Tang est la première ministre trans au monde. « L’anarchiste conservatrice » est très populaire à Taïwan pour va vision « non binaire » de la politique.

C’est la première ministre au monde ouvertement trans. Et pour l’intéressée, Audrey Tang, son identité de genre est un atout. « Je pense que c’est plus facile pour nous car nous n’avons pas de vision binaire » des sujets, expliquait-elle à l’AFP quelques jours avant la Marche des Fiertés qui a eu lieu ce dimanche à Taipei. Cette ministre chargée du Numérique a un parcours hors norme.

À 14 ans, elle quitte l’école pour ouvrir deux ans plus tard une société de programmation informatique. Elle a par la suite fait carrière dans la Sillicon Valley avant de revenir à Taïwan. Peu après ses 20 ans, Audrey Tang a adopté son nouveau nom anglais et chinois et fait changer ses documents d’identité. Politiquement, Audrey Tang se qualifie « d’anarchiste conservatrice« . La présidente Tsai Ing-wen (Parti démocratique progressif) a fait appel à elle en 2016. Elle dit avoir été séduite par son absence d’appartenance politique et son approche iconoclaste. Grâce à ses « expériences de vie« , Audrey Tang peut « avoir plus d’empathie pour les personnes qui souffrent d’appartenir à des minorités », dit-elle. « Je ne prends aucun parti pris particulier. Je prends tous les partis« .

Une véritable rock star dans les rues de Tapei

C’est devenu une véritable rock-star dans les rue de Tapei où elle se rend au travail à pied et prend des selfies avec les habitants. Elle a aussi pris la décision de ne pas avoir de bureau fixe, mais préfère se déplacer d’un ministère à l’autre pour évoquer ses solutions auprès de ses collègues. Elle dit ne travailler ni pour le gouvernement ni pour le peuple mais veut être une courroie de transmission entre les deux. Selon elle, « la démocratie elle-même est en train de se démocratiser » grâce notamment aux réseaux sociaux.

Elle aspire à une participation directe de la population et une plus grande implication des personnes aux parcours politiques atypiques. Taïwan a été salué pour sa gestion de l’épidémie de coronavirus. 440 cas et sept morts ont été dénombrés sur l’île. Selon elle, « la pandémie a servi d’amplificateur à ces deux modes de gouvernance différents« .

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Malgré la popularité de sa ministre du Numérique, Taïwan est loin d’être un pays totalement inclusif. C’est le premier pays d’Asie à reconnaît l’union de personne de même sexe, mais le mot de « mariage » a été retiré du texte. L’adoption de la réforme a été compliquée dans ce pays où l’opposition conservatrice s’est faite massivement entendre. La société est fracturée entre une frange plus traditionaliste et une autre progressiste. Mais selon Audrey Tang, « Taïwan est résolument sur la voie de l’intégration ». On l’espère.

Crédit photo : Flickr / Camille McOuat @ Liberation.fr

 


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