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L’Île-de-France facilite l’obtention d’un prêt pour les séropos

La région Île-de-France lance un dispositif d'aide à l'obtention d'un prêt pour les personnes vivant avec le VIH. Une bonne mesure, mais qui interroge sur la persistance des surprimes des assureurs pour les personnes vivant avec le VIH.

La région Île-de-France a annoncé un dispositif pour aider les Franciliens "gravement malades" à emprunter en vue d'acheter un premier bien immobilier. Cette incitation s'adresse  - donc - aux personnes gravement malades ou l'ayant été, en prenant en charge le coût supplémentaire demandé pour assurer un prêt bancaire à cause de leur dossier médical. Et les personnes vivant avec le VIH sont notamment concernées.

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Ce dispositif a été acté avec la signature d'une convention "Garantie immobilière solidaire" avec plusieurs assureurs (CNP assurance, La Banque postale, Banque Populaire ou la Caisse d'Épargne...). L'aide sera effective à partir du 25 août. Elle se veut complémentaire de la convention "Aeras", qui est censée faciliter l'accès à l'assurance des prêts des personnes qui ont connu "un grave problème de santé". Une convention jugée "trop peu connue du grand public", selon la présidente de la région, Valérie Pécresse, d'autant qu'elle "ne compense qu'une partie de la surprime" demandée par les assureurs. Ce fonds régional de garantie de 3,7 millions d'euros vise donc à palier ce manque, au moins juqu'à fin 2021 mais il a vocation à être pérenne, rajoute la présidente de région.

Problème de fond avec les assurances emprunteur

Mais certaines assos émettent des inquiétudes.  C'est notamment le cas des Séropotes, une association d'accompagnement de personnes vivant avec le VIH. En effet, ce fonds est soumis à des conditions de ressources et concerne  les prêts d'un montant inférieur à 320.000 euros.  "Les conditions à remplir limitent énormément le dispositif. Cela ne concernera que quelques dizaines de personnes", réagit auprès de TÊTU Roman Krakovsky, président de l'association Les Séropotes.

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Mais le président des Séropotes regrette surtout qu'un tel dispositif soit encore nécessaire. "On demande à une personne vivant avec le VIH de payer une surprime pour assurer un prêt, alors même qu'elle vit aussi longtemps qu'une personne qui n'a pas le VIH, lorsqu'elle est sous traitement. Rien aujourd'hui ne justifie que l'on nous fasse payer plus", insiste Roman Krakovsky qui appelle à revoir l'ensemble de la procédure. "Les règles d'assurance ont été conçues il y a de nombreuses années, lorsque la recherche sur le VIH n'était pas aussi poussée qu'aujourd'hui", souffle le président de l'association. Et cela, ce n'est pas du ressort de la région Île-de-France.

 

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Crédit photo : Pixabay / Mastersenaiper


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