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Nouvelle rémission du VIH : « il reste encore beaucoup d’inconnues »

Une personne porteuse du VIH est en rémission depuis plus d'un an. Les médecins se félicitent d'une nouvelle piste de recherche pour guérir du virus, mais Aides appelle à la tempérance.

Une équipe de chercheurs a annoncé, mardi 7 juillet la rémission d'un patient porteur du VIH après 15 mois sans traitement. Un Brésilien de 34 ans pourrait être guéri grâce à un nouveau traitement, sans greffe de moelle osseuse. Cette découverte suscite des espoirs, mais Frank Barbier, responsable des nouvelles stratégies de santé chez Aides, invite à la prudence.

Une nouvelle personne aurait été guérie du VIH, est-ce que c'est encourageant ?

C'est une avancée intéressante qui reste à confirmer. Le patient en question est resté négatif aux tests de détection pendant 15 mois. Mais il faudra encore attendre six mois supplémentaires voire un an pour savoir s'il a véritablement été guéri. Plusieurs cas ont vu leur charge virale augmenter après deux ans. Lorsque le virus est indétectable, il reste présent dans des cellules dormantes qui le relâchent après plusieurs mois. La recherche vise à trouver un moyen de réveiller ces cellules et de tuer les dernières souches du virus. Cette découverte peut témoigner d'une véritable guérison comme d'une simple rémission, il faudra encore plusieurs mois pour le prouver. C’est une voie nouvelle pour la recherche qui s'ouvre, mais ce n’est pas la seule.

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Ce traitement pourrait-il bénéficier à tous les personnes vivant avec le VIH ? 

Concernant ce traitement, il reste encore beaucoup d'inconnues. Le patient qui semble avoir été guéri est le seul d'une cohorte de cinq. Il faut qu'on comprenne pourquoi le traitement n’a pas eu d’effet sur les quatre autres. Pour le moment, un seul cas ne nous dit pas grand chose. Il se pourrait qu'il possède une particularité génétique qui le rende plus résistant, les experts ne l'expliquent pas encore. Les cas de guérison du virus sont prometteurs mais restent extrêmement rares. Jusqu'à présent, deux autres personnes sont guéries grâce à une greffe de moelle osseuse. C'est une opération extrêmement lourde qui est très risquée, les chances de survies sont faibles. Alors que quelqu'un sous traitement a la même espérance de vie qu'une personne séronégative.

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Vous craignez que cette information fasse baisser la prise en charge des personnes vivant avec le VIH. Pourquoi ? 

On craint que cela devienne l'arbre qui cache la forêt. Il ne faudrait pas qu'on baisse la garde sur la prise en charge du VIH. Nos modélisations montrent que si les traitements sont arrêtés pendant six mois à cause des difficultés d'accès, d'une peur de se rendre à l'hôpital, ou autre, 500.000 personnes mourront du VIH dans le monde. On ne sait encore pas si ce traitement fonctionne, en revanche, on sait réduire l'épidémie. Ce qui est efficace, c’est la prévention, la PrEP, le TasP et... la volonté politique.

Crédit photo : UN Photo/Eskinder Debebe


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