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PMA pour toutes : passe d’arme à l’Assemblée entre deux anciens députés de la majorité

Favorable à la PMA, Guillaume Chiche a dénoncé le vocabulaire des anti-PMA qui "fond le nid de l'homophobie". Visée, Agnès Thill a dénoncé une atteinte à l'État de droit.

Les esprits s'échauffent alors que le débat sur la bioéthique est en seconde lecture à l'Assemblée. Ce jeudi 30 juillet, Guillaume Chiche (Écologie, démocratie et solidarité) a pris le micro pour dénoncer les propos d'Agnès Thill, exclue de LREM pour son discours sur la PMA. Dans une longue anaphore, il l'accuse d'alimenter l'homophobie en dénonçant l'existence d'un prétendu 'lobby LGBT+' à l'Assemblée.

"Quand on emploie certains termes comme ceux de 'délire' et de 'fantasme' pour parler d'identité de genre ou d'orientation sexuelle... quand vous parlez d'envie passagère... quand on ne cesse d'expliquer qu'il faut rester attaché à une 'filiation vraisemblable'... quand des institutions parlent de 'préférence sexuelle', comme si on choisissait son orientation... quand des associations dans la sphère publique comparent des enfants nés de PMA avec des OGM... Vous n'avez pas l'impression de nourrir une sorte d'homophobie latente, mais tous ces mots font bien le nid de l'homophobie en France... Quand Agnes Thill, vous pointez des 'lobby LGBT' à l'Assemblée nationale, ça [conduit à] des actes [homophobes]", dénonce-t-il.

Guillaume Chiche ajoute : "Personne ne se victimise. Quand on est victime d'agression, on est simplement une victime. On a le droit d'une protection de la république et nous avons la charge de l'apporter par la loi".

"On doit pouvoir être contre cette loi sans être traitée d'homophobe"

La députée de l'Oise lui répond, le règlement de l'Assemblée nationale à la main. "Je ne dis rien. Être traitée d'homophobe dans cet hémicycle alors que je ne dis rien, c'est un peu fort", lâche-t-elle. Il y a un an pourtant, elle déclarait dans le journal L'Incorrect que "la communauté homosexuelle par exemple fait apparaître en miroir la communauté hétérosexuelle. (...) Pour moi, c’est la mort du bien commun ! Et en plus, c’est un rapport de force permanent entre groupes de pression qui fait régner la loi du plus fort, la minorité s’imposant à tous, et venant 'tyranniser' à son tour l’ancienne majorité qui l’opprimait". Elle concluait par "je ne veux pas avoir une quelconque responsabilité dans une loi qui restera dans l’histoire comme celle qui aura évincé les pères de la naissance et de l’éducation des enfants. C’est trop grave !"

Au micro de l'Assemblée, elle poursuit. "On doit pouvoir être contre cette loi sans être traitée d'homophobe. Je vous rappelle que l'homophobie est effectivement un crime et un délit (sic). Imputer à quelqu'un un délit auquel il n'a jamais été condamné, c'est porter atteinte à son honneur et à sa considération. Je ne peux pas continuer à être traitée d'homophobe alors que je n'y suis pas (sic)", dit-elle. Face à la bronca suscitée par ses propos, le président de séance lui coupe le micro. Plus tard, sur Twitter, la députée a dénoncé la fin de "l'État de droit avec cette majorité".

Dans la matinée, Laurence Vanceunebrock (LREM) a dû rappeler que non, il n'y a pas "un lobby LGBT+" à l'Assemblée. "Si tel était le cas, ce texte irait bien plus loin", note-t-elle.

 

Crédit photo : Capture d'écran Twitter LCP


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