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États-Unis : un candidat au Congrès victime d’une campagne de déstabilisation homophobe

Des étudiants ont prétendu que le candidat les avait dragué et abusé de son statut. Leurs conversations montrent qu'ils avaient tout orchestré.

La course pour représenter le Massachusetts au Congrès américain a pris une tournure nauséabonde. Le candidat démocrate, maire de la ville de Holyoke, Alex Morse a été la cible d'une campagne homophobe émise par des étudiants membres de la section démocrate de l'université locale.

Dans le journal de la fac, les étudiants dénoncent l'attitude du candidat qui a donné des cours au sein de l'établissement. Ces accusations ont, en réalité, été orchestrées par les jeunes adultes pour jeter le discrédit sur l'homme politique. "Ça va couler sa campagne", écrivent-ils en privé.

Dans leur article, les étudiants expliquent qu'Alex Morse a profité d'événements universitaires pour rencontrer des étudiants, puis les a contactés sur Instagram et discuté avec eux de telle manière qu'ils se sont sentis "inconfortables". "Nous avons reçu des témoignages d'étudiants qui se sont sentis obligés de lui répondre en raison de son statut", écrit dans un communiqué la section démocrate de l'université. Elle annonce ensuite qu'Alex Morse ne serait plus invité à participer à ses événements militants.

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"J'ai besoin d'un boulot"

Mais une enquête du site politique The Intercept montre que la réalité est toute autre. Les étudiants ont orchestré cette boule puante depuis plusieurs mois. Dans un message, Ennis, l'un des étudiants conspirateur, explique se sentir coupable de discréditer l'élu, mais "j'ai besoin d'un boulot", écrit-il, pensant que l'opposant politique d'Alex Morse, le républicain Richard Neal, candidat à sa réélection, pourrait lui obtenir un stage. Avec Andrew, un autre étudiant, ils ont explicitement discuté de la manière de retrouver Alex Morse sur les applications de rencontre afin de l'encourager à dire des choses compromettantes.

Les échanges publiés par The Intercept montrent que c'est Andrew, qui a engagé la conversation avec Alex Morse. Après s'être rencontré lors d'un événement universitaire, leur interaction entre les deux hommes est particulièrement banale : ils discutent brièvement de leur weekend, et l'élu explique être allé chez des amis pour l'apéritif.

Une campagne "fausse, malhonnête et nuisible"

Si les interactions ne sont pas incriminantes, les deux étudiants les trouvent assez suggestives pour mettre en cause sa campagne pour le Congrès. "C'est pas affirmé, mais c'est très clair qu'il ne me parle pas sans raison", écrit Andrew. Ennis lui répond "ça va couler sa campagne".

La section démocrate de l'université, qui avait dans un premier temps accusé le candidat pourtant issu de son propre camp, a reconnu que la machination était "fausse, malhonnête et nuisible". "La sexualité du maire n'excuse pas le comportement (des étudiants)", écrit la section dans un communiqué.

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Alex Morse a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec d'autres étudiants de l'université rencontrés sur une application. Mais ces relations consentantes ne contreviennent pas au règlement de l'école qui précise que les professeurs ne peuvent pas avoir de relations intimes avec les étudiants qui suivent leurs cours, remarque Them.

Le candidat, qui n'avait que 22 ans lorsqu'il a été élu maire, a déclaré que ces accusations résultaient "de stéréotypes d'un autre âge", sur la prétendue prédation des homos. "Ces attaques ne sont pas seulement adressées contre moi mais contre chacun de nous", dit-il.

Crédit photo : Wikimedia Commons


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