Culture

« Garçon Chiffon » de Nicolas Maury : « J’utilise le cinéma pour réparer des désastres »

Crédit image: Les films du Losange

Connu pour ses rôles au cinéma ou dans la série « Dix pour cent », Nicolas Maury passe derrière la caméra pour « Garçon Chiffon », un premier long-métrage sensible et éloquent.

Vous pouvez chercher longtemps, mais il n’y a pas deux acteurs comme Nicolas Maury dans le cinéma français. Sa fragilité, son intelligence, sa masculinité douce n’ont pas beaucoup d’équivalent chez nous. Personne d’autre que lui n’est capable de jouer avec cette justesse les soubrettes ou les acteurs porno chez Yann Gonzalez ou les agents d’acteurs facétieux dans Dix pour cent.

Alors forcément, on était impatient de le découvrir en réalisateur. Bien qu’il se défende de tout exercice d’autofiction, on passe beaucoup de temps à chercher Nicolas Maury dans Garçon Chiffon. L’histoire de Jérémie, acteur trentenaire, jaloux compulsif, en proie à une crise existentielle lorsqu’il apprend le décès de son père.

Si Garçon Chiffon avait été l’égo trip relou d’un acteur wannabe réalisateur, on aurait rapidement déchanté. Mais c’est un déclaration sublime d’amour à un cinéma qui parle et aime les mots. C’est aussi un film porté par un casting brillant : Nathalie Baye en maman, Arnaud Valois (notre cover boy du nouveau numéro de TÊTU) en boyfriend pas si idéal et Théo Christine en futur amour.

Ici Maury assume tout : sa filiation cinématographique, sa posture de cinéaste, son corps ( car oui, on le voit à poil), son orientation amoureuse. Mais aussi la folie induite par le métier d’acteur.

On le retrouve dans un hôtel du Xe arrondissement de Paris. Forcément fébrile à la veille de la sortie d’une sortie en salles, en pleine double promo de son premier long-métrage et de l’ultime saison de la série de France 2, Dix pour cent. La menace de cette saloperie de Covid-19 plane sur la destinée de son film. Et comme si ça ne suffisait pas, le serveur lui refuse un verre de vin blanc…

A LIRE AUSSI : On a parlé représentation, homoparentalité et de « Dix pour cent » avec Camille Cottin

...

Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail