bisexualitéLe gymnaste olympique Danell Leyva a fait son coming-out, et il explique pourquoi

Par Florent Métois le 28/10/2020
Danell Leyva

Après avoir dévoilé sur Twitter sa bisexualité et sa pansexualité, au début du mois, le gymnaste américain Danell Leyva s'est confié au site Olympic Channel. Il revient sur son coming out, et sur ce qui l'a retenu, toutes ces années.

« Je sais depuis longtemps que je ne suis pas hétéro », commence à écrire Danell Leyva, sur Twitter le 11 octobre dernier. À l'occasion de la journée nationale du coming out aux Etats-Unis, ce gymnaste de haut niveau âgé de 28 ans publie une série de cinq tweets dans laquelle il s’exprime sur son orientation sexuelle. « Mais pour des raisons très personnelles, j’ai toujours rejeté ce côté de moi. Plus tôt cette année, j’ai finalement compris que je suis bi et pan (j’essaie toujours de comprendre cet aspect). » Il précise également avoir réalisé ne pas être attiré par les hommes cisgenres.

Une orientation qu'il a longtemps rejetée

Bien qu’il ait d’abord pensé à faire son coming out en juin dernier, les actualités liées au mouvement Black Lives Matter ont fait reculer sa décision. Jusqu’à ce dimanche 11 octobre et ce thread sur Twitter. Une quinzaine de jours plus tard, celui qui a participé aux Jeux olympiques de Rio et de Londres, lors desquels il a glané trois médailles (deux en argent et une en bronze), s’est confié au site Olympic Channel.

Si Danell évoque les raisons qui l’ont poussé à faire son coming out, il explique aussi pourquoi il l’a fait aussi tard. Son premier obstacle ? Les stéréotypes sur les gymnastes - trop souvent considérés comme homosexuels. "Je ne voulais pas donner aux gens la satisfaction d'avoir raison" explique l'athlète. "Ce ne sont pas des gens qui essaient de nous aider à comprendre notre sexualité, mais des gens qui nous pointent du doigt, et qui ne nous font pas nous sentir bien." 

Originaire de Cardenas, à Cuba, il a longtemps rejeté le fait de ne pas être hétérosexuel, « à cause de la façon dont nous sommes tous élevés. Surtout dans une famille hispanique ».

 

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Un message pour encourager à s'assumer pleinement

Félicité par ses coéquipières de la sélection américaine comme Simone Biles, Aly Raisman et Laurie Hernandez, le champion du monde 2011 de barres parallèles, à Tokyo, s’est également réjouit des réactions que son message avait suscité.

« Je ne pensais pas que ça allait exploser comme ça, a-t-il confié à Olympic Channel. Dans le post, j'ai dit que j'essayais toujours de savoir si j'étais bi ou pan. C'était bien d'avoir des réponses comme : “Vous n'avez pas à l'étiqueter. Vous n'êtes pas obligé d'être simplement “une chose”. C'est une chose fluide, en constante évolution, vous n'avez pas à vous en soucier”».

Avec 230 000 abonnés sur Instagram et plus de 50 000 followers sur Twitter, Danell Leyva espère montrer la voie. « Si j’arrive à aider une personne à être assez courageuse pour s’assumer pleinement, alors j'ai l'impression que mon message a été utile. » Tout en ayant l’espoir de « vivre un jour dans un monde où la sexualité est aussi hors de propos que de savoir si l’on est droitier ou gaucher ».

 

Cet article a été réalisé par un.e étudiant.e en journalisme, en partenariat avec le Centre de Formation Professionnelle des journalistes.