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Grindr accusé de diffuser une pub anti-PrEP, pourtant capitale dans la lutte contre le VIH

L'application de rencontres aurait diffusé une publicité qui appelait à poursuivre le laboratoire Gilead contre des effets secondaires de la PrEP. Ces effets sont pourtant très maîtrisés et la PrEP permet de contrôler l'épidémie.

À quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, l'accusation fait mal à Grindr. Captures d'écran à l'appui, un militant américain a dénoncé sur Twitter une publicité qu'il a trouvée sur l'appli de rencontre. Elle appelle à poursuivre Gilead, le labo pharma qui produit le Truvada.

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"Vous avez des effets secondaires lié à un médicament contre le VIH ?", questionne simplement la publicité diffusée sur Grindr. Lorsque l'on clique sur la publicité, on arrive sur la page d'un cabinet d'avocats qui encourage à poursuivre Gilead qui commercialise le Truvada. "Le Truvada provoque des problèmes de rein, des fractures osseuses, et dans des cas extrême, la mort", peut-on lire. "Vous pourriez recevoir des dommages et intérêts substantiels si vous prenez du Truvada et que l'on vous a diagnostiqué des problèmes de rein, ou des souffrances osseuses", poursuit la publicité. "Surtout, vous ne payez rien tant que vous ne gagnez pas votre procès", promet met la page.

"Publicité mensongère"

"Pourquoi Grindr fait la promotion de publicité mensongère ? On sait qu'ils n'ont aucune base pour dissuader des gens de prendre un traitement contre le VIH ou la PrEP. Honte à Grindr. Vous devez faire mieux", interpelle Grant Roth, médecin en santé sexuelle basé à Atlanta. "Grindr, vous ne pouvez pas revendiquer de soutenir notre santé sexuelle quand vous poussez des conneries pareilles", écrit-il, visiblement énervé.

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En France, le site de la Haute autorité de santé indique que le Truvada peut en effet entraîner une insuffisance rénale ou une fragilité osseuse. En revanche, les personnes qui utilisent la PrEP sont suivies très régulièrement par un médecin. Toujours selon la HAS, un bilan trimestriel doit surveiller la fonction rénale, ainsi que la contamination possible aux autres IST.

Des effets largement positifs

Surtout, les effets négatifs de la PrEP sont très faibles au regard des effets positifs. Non seulement, elle permet de coucher sans préservatif et sans risque de contamination au VIH, mais sa diffusion a permis d'endiguer l'épidémie de façon spectaculaire. Selon l'ONUsida, les nouvelles infections ont diminué de 52% dans le monde entre 2010 et 2019. Aujourd'hui, en France, quelque 6.000 nouvelles contaminations sont recensées. Par ailleurs, sous couvert d'anonymat, une association de lutte contre le VIH regrette que Grindr fasse payer les messages de prévention plus cher que Facebook.
Crédit photo : Thom Holmes / Unsplash


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