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Les assos de lutte contre le VIH tirent la sonnette d’alarme sur le financement de la recherche

AIDES et Sidaction alertent sur un manque de financement de la recherche de la lutte contre le VIH. Il manque 34 millions d'euros pour 2021, sur un budget de... 76 millions.

"Une épidémie en cache une autre", s'époumonait Aurélien Beaucamp, le président d'AIDES dans les colonnes de TÊTU. Concernant le coronavirus, Emmanuel Macron a évoqué un "quoi qu'il en coûte". Mais la stupeur de 2020 et du Covid-19 a éclipsé la lutte contre le VIH. Les associations de lutte contre le VIH/sida craignent que 2021 ne soit pas plus reluisante pour la recherche.

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Au 1er janvier, l'ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida) et le consortium REACTing seront officiellement fusionnés. Les budgets, eux, sont à la traîne. Pour 2021, la nouvelle agence nécessitera 76 millions de subventions d'État, mais il manque 36 millions d'euros pour la recherche sur le sida et les hépatites. Deux millions d'euros ont été attribués mais le gouvernement n'a pas pu s'engager à d'autres financements, regrette AIDES et Sidaction dans un communiqué commun. "Notre préoccupation est immense", regrettent les associations de lutte contre le VIH.

Un montage qui affaiblit la lutte

"La situation sanitaire actuelle démontre que l’expertise acquise durant plus de 30 ans dans la lutte contre le VIH/sida doit être exploitée face à de nouveaux virus qui ne cessent d’émerger", pointe Marc Dixneuf, directeur général de AIDES. Les modalités financières ne sont pas adaptés à l'urgence de la situation ni au fonctionnement d'une agence autonome.

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En clair, le budget dédié à la lutte contre le VIH pourrait être amoindri. "Nous craignons fortement que ce montage ne conduise inévitablement à ponctionner le budget initialement dédié à la recherche sur le VIH, alors que cette épidémie est loin d’être terminée", s’inquiète Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Les associations craignent que la nouvelle agence implique moins la société civile. Mais aussi une réduction des activités dans les pays du sud. Elles saluent la fusion mais  dénoncent "une mise en œuvre opaque qui ne saurait garantir le maintien de la qualité de structures qui ont démontré leur efficacité".

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Crédit photo : Vincent Isore/Sidaction


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