facebook

Nicolas, victime d’un guet-apens homophobe près de Saint-Étienne : « ils voulaient ma mort »

À 40 ans, Nicolas a été victime d'un guet-apens lors d'un rendez-vous via une application. Ses agresseurs lui ont donné des coups de marteau à la tête. Heureusement, il n'est blessé que légèrement.

C'est un guet-apens que lui ont tendu trois homme sur une application de rencontres. Nicolas, 40 ans, a été tabassé en raison de son homosexualité à Saint-Chamond en banlieue de Saint-Étienne. Il a reçu plusieurs coups de pieds, et des coups de marteau au niveau de la tête - qui auraient pu lui coûter la vie. Heureusement, il portait un bonnet et une capuche qui l'ont peut-être sauvé. Une enquête est en cours pour repérer les trois suspects.

Il pensait rencontrer un homme qu'il avait dragué sur une application de rencontre, mardi 29 décembre dernier. Au moment du rendez-vous, "il n'y avait personne", raconte-t-il auprès de France Bleu. "Ils ont surgi direct dans le noir. Ils étaient trois, masqués et cagoulés, on ne voyait rien de leur visage".

"On va te faire ta fête, pédé"

Nicolas est alors tabassé. "J'ai eu très peur. Ils m'ont attrapé, ils ont voulu me mettre par terre, mais je ne me suis pas laissé faire. Heureusement pour moi, j'étais très bien habillé. Ça m'a permis d'amortir les coups, parce qu'ils ont visé la tête", témoigne-t-il auprès de la radio locale. Des insultes pleuvent : "on va te faire ta fête, pédé".

À LIRE AUSSI - Paris : plusieurs agressions sur un lieu de cruising gay

Il raconte s'être défendu tant bien que mal, surtout pour se protéger. "J'ai hurlé, énormément, en me disant qu'il y aurait bien quelqu'un qui m'entendrait. Et puis, j'avais mon téléphone à la main. Ils ont dû avoir peur. Ça a duré trois ou quatre minutes et ils ont disparu".

"Je n'embête personne"

Nicolas s'en est finalement tiré avec quelques hématomes sur la tête, deux points de suture au front, une lèvre en sang et une dent légèrement cassée. "S'ils sont venu avec des marteaux, c'était avec une volonté de nuire. Ils voulaient ma mort. C'est dur à dire ces mots-là, je n'ai rien fait : j'essaie de vivre ma vie normalement, je n'embête personne", poursuit-il, regrettant de devoir s'exposer pour parler de sa vie privée.

À LIRE AUSSI - Agressé à Charleroi, Éric témoigne de la violence homophobe en Belgique

Alors, il cherche à avertir les autres gays. "On croit tous que ça n'arrive qu'aux autres. Il faut qu'on fasse gaffe, qu'on ait conscience que tout peut arriver, que le risque est partout". Sans pouvoir dénombrer précisément le nombre de traquenards via les applications de rencontre, SOS homophobie fait état d'une hausse "alarmante" des actes de LGBTphobie.

237 agressions LGBTphobes en 2019

237 agressions physiques ont été rapportées à l'association dont 48% se déroulent dans des lieux publics. SOS homophobie appelle à la prudence et conseille de rencontrer le ou la partenaire dans un lieu public fréquenté. Elle rappelle que le plus souvent, les agressions se passent au domicile, avec l'aide d'un complice qui surgit. Parler au téléphone à son date permet de mieux apprécier ses intentions. Il est également conseillé de ne pas donner son adresse directement et d'avertir un·e proche avant un premier rencard.

 

Crédit photo : Jonas Leupe / Unsplash


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail