Agressé à Charleroi, Éric témoigne de la violence homophobe en Belgique

Éric a reçu un coup accompagné d'une insulte homophobe en pleine rue de Charleroi en Belgique. Gravement malade avant d'être agressé, le jeune trentenaire a reçu 7 jours d'ITT.

À Charleroi en Belgique, il était aux alentours de 14 heures quand Éric rentre chez lui après avoir fait quelques courses, vendredi 11 décembre. Comme à son habitude, il a les yeux baissé, il a branché ses écouteurs pour s'isoler du monde extérieur. D'un coup, il entend un homme lui lâcher "sale gros pédé". Le jeune homme se retourne, mais ne voit rien à cause de ses lunettes embuées en raison de son masque. D'un coup d'un seul, l'homme lui assène un coup de poing avant de s'en aller.

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Éric est sonné. Et il met plusieurs seconde avant de se remettre et de constater qu'il est assis dans la rue. Son panier de courses est à moitié renversé. Son premier réflexe est de vérifier que ses lunettes sont toujours en place. "J'avais peur de recevoir du verre dans les yeux", craint-il à une vingtaine de mètres de chez lui. De peur, le trentenaire court ensuite chez lui s'enfermer à double tour. Il met de la glace sur l'hematome qui se forme sur son visage et raconte la scène sur les réseaux sociaux. Les internautes lui conseillent de mettre de l'arnica, car atteint d'une maladie auto-immune, il marque très rapidement.

Un climat délétère

"Je n'ai jamais été agressé par quelqu'un que je ne connaissais pas, mais je sais que Charleroi, ce n'est pas le pays des Bisounours", raconte-t-il à TÊTU. Quand il travaillait à Bruxelles, la capitale de la Belgique, il n'avait pas de problème à prendre la main de son copain, mais pas dans cette commune moins cosmopolite, moins ouverte. Il dit avoir déjà reçu des insultes pour ses coupes de cheveux. "Je suis le plus discret possible, je dois trouver un juste milieu entre me protéger et être qui je suis", détaille-t-il d'une voix frêle. Le jeune gay dit n'être pas à plaindre car "je n'ai pris qu'un petit coup, il aurait pu me tabasser". Reste qu'aucun passant n'a réagi, pourtant, quelques personnes étaient dans la rue ce jour-là.

Crédit photo : DR

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Le soir de son agression, Éric a eu la nausée toute la nuit. À cause de ses antécédents médicaux, il doit faire des examens neurologiques rapidement. Son médecin lui prescrit 7 jours d'interruption totale de travail (ITT). En attendant, il n'ose pas déposer plainte. "J'ai une peur phobique de la police belge", souffle-t-il. Il raconte que les forces de l'ordre n'ont pas voulu le protéger lorsqu'il en a eu besoin, alors qu'il voulait déposer plainte quand son ex-copain le frappait. Il les appelle quand même pour signaler ce type qui s'en prend gratuitement aux passants. "On m'a répondu que je ne savais pas me défendre", déplore-t-il. Avant de conclure : "de l'homophobie, il y en a partout, dans la rue comme dans les commissariats".

 

Crédit photo : Jonathan Rados / Unsplash


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