GuillaumeHommage à Guillaume, initiateur du #MeTooGay : « Ce qu’il a déclenché ne s'arrêtera pas avec sa mort »

Par Elodie Hervé le 10/02/2021
Guillaume

Guillaume, 20 ans, a été retrouvé mort mardi soir. En janvier, il avait dénoncé un viol et contribué à faire naître le #MeeTooGay. Ce mercredi après-midi, des centaines de jeunes étaient rassemblés à Paris pour lui rendre hommage.

Il avait 20 ans et s’était levé pour dénoncer des faits de violences sexuelles dont il disait avoir été victime. Ses mots ont entraîné une déferlante de témoignages derrière le hashtag #MeTooGay. Au lendemain de sa mort, un rassemblement s’est tenu devant le siège du PCF pour “honorer sa mémoire et dénoncer la complicité du Parti communiste”, raconte un des organisateurs. Le 21 janvier, Guillaume avait accusé l’élu parisien communiste Maxime Cochard et son compagnon de viol. L'élu parisien a démenti les faits avant d’annoncer une action judiciaire en diffamation contre le jeune étudiant.

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"Campagne de dénigrement"

Selon des proches présents au rassemblement, cette menace d’une plainte en diffamation ainsi que la remise en cause de ses propos dans les médias ont pesé psychologiquement.  "Il a vécu une vraie campagne de dénigrement, raconte Allan, étudiant de 20 ans. Samedi quand on s’est vu, il n'allait pas bien à cause des viols qu’il a vécus mais aussi parce qu’il avait la sensation que dès qu’on parlait de lui dans la presse, c’était pour le dénigrer et remettre en cause sa parole.” “C’est vraiment dégueulasse", lâche Marie avant de s'effondrer. “Comment une personne qui dénonce des viols peut être traînée dans la boue comme ça, sans que l’on écoute sa parole ?

Même analyse du côté de son avocate qui raconte la tristesse dans laquelle était plongé le jeune adolescent quand il découvrait des photos de lui aux côtés de ses agresseurs présumés lors d’une manifestation dans la presse. “Je trouve sa mort injuste, terrible et effrayante. La société n'a pas été suffisamment là. Je crois que Guillaume était victime d'une campagne de dénigrement immonde.”  D'ailleurs, la presse est priée de rester à distance. “On est là pour rendre hommage à notre ami mort parce que personne n’a su l’écouter, alors respectez ça !”, lâche quelqu'un aux nombreux journalistes qui se pressent pour avoir une image.

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"Que justice soit faite"

Le silence se fait, des fleurs, des photos et des bougies sont accrochées à la grille du PCF. Ses amis prennent la parole à tour de rôle pour raconter que son combat contre les violences sexuelles ne s’arrêtera pas aujourd’hui. Qu’ils continueront "jusqu’à ce que justice soit faite".  Un peu plus loin, un arc-en-ciel sur le dos et une pancarte dans les mains, Allan, ne cache pas ses larmes. "Je ne veux pas qu'il soit mort pour rien. Je veux que l'on se souvienne de son combat contre les violences sexuelles. Et que justice soit faite."

Des briquets sont brandis par des mains recouvertes de peinture rouge. Des fumigènes sont jetés dans l’enceinte du siège du parti communiste. "Aux salauds du PCF, on ne lâchera rien», hurle un participant dans le microphone. Dans le siège derrière lui, des fenêtres s'ouvrent, des têtes sortent, mais personne ne viendra à la rencontre des manifestants. “Certains n’arrivent pas à survivre à cette violence sexuelle, ajoute Camille 19 ans. Mais ce qu’il a déclenché dans le milieu LGBT+ ne s’arrêtera pas avec sa mort. C’est important d’en parler. C’est important d’être ensemble et de se battre ensemble pour que les hommes arrêtent de violer.

Si vous ressentez le besoin de parler, que vous êtes confronté-es à des idées noires, ne restez pas seul-e. Des solutions, des professionnels et des numéros existent pour vous aider à avancer. 

  • SOS Suicide : 01 40 44 46 45.
  • Suicide Ecoute : 01 45 39 40 00.
  • Fil Santé Jeunes : 0800 235 236.
  • Ecoute Santé: 0 800 150 160.
  • SOS Amitié : 0 820 066 066.
  • SOS Dépression : 0892 70 12 38.

 

Crédit photo : Élodie Hervé