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« Oui, mon père est gay » : des affiches contre les LGBTphobies défrisent une élue de Versailles

"Oui, ma coloc est lesbienne", "Oui, ma petite-fille est trans"… Une conseillère municipale de Versailles a qualifié de "propagande" des affiches d'une campagne de Santé publique France contre les LGBTphobies, réclamant leur retrait.

"Des situations sexuelles et familiales qui n’ont pas à être promues ni encouragées". À Versailles, une conseillère municipale divers droite appelle à la censure d'une campagne de Santé publique France contre les discriminations homophobes. Céline Jullié estime que "ces affiches de propagande (sic) interpellent les plus jeunes, et obligent les parents à aborder malgré eux et dans la sphère publique des sujets délicats". Depuis le vendredi 28 mai, a repéré le site actu.fr, cette ancienne candidate du mouvement de Nicolas Dupont-Aignan aux régionales de 2015, puis aux législatives de 2017  du micro-parti souvenainiste SIEL, exige du maire de Versailles qu'il retire les visuels.

"Oui, mon père est gay"

En cause, cinq affiches de lutte contre les discriminations qui déclinent plusieurs messages de fiertés : "Oui, mon père est gay", "Oui, mon pote est gay", "Oui, ma petite-fille est trans", "Oui, ma coloc est lesbienne", "Oui, ma petite-fille est trans". Derrière ces messages, les affiches montrent simplement deux personnes qui se prennent dans les bras, avec en sous-titre : "Face à l'intolérance, à nous de faire la différence". En somme, une campagne tout ce qu'il y a de plus classique contre les LGBTphobies, alors que SOS homophobie rapporte encore en 2020 1.815 témoignages d'intolérance et que le ministère de l'Intérieur a recensé en cette année de pandémie pas moins de "1.590 victimes de crimes ou délits à caractère homophobe ou transphobe".

Mais entre deux tweets de promotion de Didier Raoult ou de Donald Trump, la conseillère municipale argue sérieusement que cette campagne vise "à contrôler la pensée". "La sexualité est affaire privée qui regarde chacun dans son intimité. La majorité des gens partagent cette opinion et n’étalent pas leur vie intime (sic) dans l’espace public", développe cette partisane de La Manif pour tous et... professeure. Lorsque Santé Publique France appelle à la tolérance vis-à-vis des personnes LGBTQI+, Céline Jullié estime donc que "l’argent public est détourné pour servir les intérêts d’une communauté".

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Contactée par TÊTU, la municipalité n'était pas disponible pour commenter. Le maire, François de Mazières, s'était opposé au mariage pour tous en 2013. Il est aujourd'hui opposé à la PMA pour toutes.

Un précédent en 2016

Ce n'est pas la première fois qu'une campagne de sensibilisation est dans le viseur de la droite. En 2016, une campagne de sensibilisation alertait sur les infections sexuellement transmissibles (IST). À l'époque, le maire Les Républicains de la ville, Bruno Beschizza, avait qualifié les images de "choquantes", tentant de les censurer pour "protéger les enfants".

Plusieurs élus avaient qualifié la démarche "d'homophobe" et avaient ensuite été poursuivis par le maire pour "diffamation". La cour de cassation leur a donné raison quatre ans plus tard, déboutant début avril le maire d'Aulnay-sous-Bois qui attaquait des élus locaux. Il a dû verser aux élus 2.500 euros de dommages et intérêts.

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Crédit photo : Santé publique France


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