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« Patience Mon Amour », la série Instagram qui vous immerge dans un parcours PMA

Patience Mon Amour, la nouvelle série d'Arte réalisée par Camille Duvelleroy, débarque sur Instagram. Du lundi au vendredi, vous pourrez suivre le quotidien d'un couple de femmes dont le désir d'enfant le conduira à entamer un parcours PMA.

Alors que la PMA vient d'être définitivement votée par l'Assemblée nationale, une série Arte nous plonge dans le quotidien d'un couple de femmes et de leur désir d'enfant. Patience Mon Amour, c'est un rendez-vous quotidien de pas moins de 31 épisodes entre 1min30 et 3min, dans la story Instagram d'@arte_asuivre. Le premier épisode est disponible depuis le lundi 12 juillet. On peut dire que la série tombe à pic tant elle résonne avec l'actualité. Pourtant, Camille Duvelleroy, la réalisatrice, a écrit cette histoire en 2017, alors qu'elle même est en plein parcours de PMA. "J’avais déjà fait un certain nombre de tentatives. J’avais besoin que ce processus donne naissance à quelque chose, même s’il n’aboutissait pas sur une naissance."

Patience Mon Amour, c'est l'histoire d'un "couple ordinaire, qui s’aime et qui veut un enfant". Gabrielle et Alice. Dans l'idée, Alice devait porter l'enfant, mais tout ne se passe pas comme prévu. Or, pour Gabrielle, porter un enfant n'est pas forcément naturel. "Il y a des femmes pour qui être enceinte n’est pas forcément une évidence, même si elles veulent un enfant", explique Camille Duvelleroy. "On a le droit de questionner le désir de maternité, qui peut se faire d'une infinité de façons. On n'est pas obligé d’être la personne qui porte pour être mère."

"Être maman, pour moi, ça n’existait pas"

 

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Et en tant que lesbienne, se projeter en tant que mère n'est pas non plus inné, ou encouragé. "Moi, j’ai grandi en tant que lesbienne dans les années 90-2000. Être maman, pour moi, ça n’existait pas, ce n’était pas une chose à laquelle je pensais." Alors la réalisatrice décide de mettre en lumière ce couple qui se bat pour fonder une famille. Un combat qui sera jonché de nombreux échecs. "Les cliniques étrangères permettent que ça marche en cinq essais. Et le nombre d’essais de Gabrielle, c’est le nombre d’essais que j’ai faits ", confie-t-elle. Et vous vous en doutez, ce chiffre va bien au delà des cinq annoncés.

Crédit photo : Arte France

"J’avais envie que les gens prennent la dimension de ce qu’est un parcours PMA", affirme la jeune femme. Car se lancer dans un tel parcours, c'est avancer à tâtons dans l'obscurité, privée de certitude, sans aucune garantie. "Dans le médical on dit toujours que tout est contrôlé, maîtrisé, mais en fait il y a plein d’inconnus", déplore Camille Duvelleroy.

Vivre un parcours PMA à travers les yeux d'un couple

Alors pour qu'ils prennent conscience des réalités de ce parcours long et tortueux, Camille Duvelleroy s'est invitée au plus près de ses spectateurs : dans leur téléphone. "Moi je suis obsédée par les histoires qui se passent par les téléphones, raconte la réalisatrice. Et comme mon autre obsession c’est d’avoir des histoires qui rentrent dans le quotidien des gens, les réseaux sociaux sont un terrain de jeu fantastique pour moi." Alors, elle crée une série à l’opposé du modèle des plateformes où l’on peut regarder les épisodes à la suite. Quelques minutes dans notre quotidien. Le temps d’une pause pipi. "On pense qu’en 1min30, on n’a pas le temps d’en dire beaucoup. Mais en fait, si, on peut dire plein de choses", affirme-t-elle joyeusement.

En y injectant du rythme et une bonne dose d’humour, elle parvient à faire d’un sujet sérieux une expérience intime et immersive. "J’aime les formes feuilletonnantes, les longs récits dans lesquels on a le temps de rentrer, de vivre des choses avec les personnages", avoue-t-elle, de la passion dans la voix. Alors forcément, nous aussi sommes impliqué.es dans ce projet d’enfant, un peu comme des parrains et marraines virtuels.

Quand le désir d'enfant devient le seul projet du couple

Ne vous attendez pas à une série sans âme qui se contente d'énumérer une série d'actes médicaux. Vous en apprendrez certainement beaucoup sur le processus médical en lui-même, comme Gabrielle qui se transformera très vite en véritable experte. Mais Patience Mon Amour met bel et bien l'amour au centre du propos. Le couple, complice et passionné, incarne un idéal. Pourtant, il va être mis à rude épreuve. Ce qui importe, "c’est comment le médical résonne dans l’histoire d’amour, dans le corps de Gabrielle". Au bout d'un moment, le projet bébé est le seul sujet de discussion. Il devient "le seul projet du couple", si bien que la communication est coupée.

Crédit photo : Arte France

Seulement, si le couple va mal, il perd sa caution de perfection. "On a cette injonction au couple parfait. On doit toujours se justifier sur tout ce qui tourne autour du désir d'enfant. Pourquoi on veut un enfant, comment on va le concevoir, comment on va gérer l’histoire de ses origines…" Des questions qu'on ne pose jamais aux couples hétérosexuels. "On leur demande plutôt : Quand est-ce que vous faites un enfant ? C’est une forme d’inégalité", souligne la réalisatrice.

"On doit toujours se justifier sur tout ce qui tourne autour du désir d'enfant"

Ces questions, les deux jeunes femmes seront amenées à se les poser. Au cours de leurs pérégrinations, elles seront amenées à essayer plusieurs méthodes. Des inséminations avec un donneur anonyme en Espagne, jusqu'à une méthode artisanale avec du sperme commandé sur Internet. La place du père sera donc amenée à être interrogée. "Au départ, elles voulaient être deux dans l’éducation de l’enfant mais une famille à trois ou à quatre, c’est possible aussi."

Dans leur sillage, les hommes aussi seront amenés à effectuer une introspection sur leur propre paternité. "Ça m’intéresse aussi d’en parler parce que je comprends tout à fait qu’un homme veuille jouer son rôle de père dans un projet de famille et que d’autres ne veuillent pas." Alice et Gabrielle ont la chance d'être entourées d'hommes bienveillants et impliqués dans leur vie et, par extension, leur PMA. Finalement, tous les types de famille et de méthodes font l'objet d'une réflexion, seul le désir d'enfant reste intact. Ou pas, mais vous le saurez au bout de 31 épisodes.

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Crédit photo : Arte France


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